Luigi Dallapiccola
Compositeur et pianiste italien
Né le 3 février 1904 à Mitterburg (aujourd'hui Pazin en Croatie) et mort le 19 février 1975 à Florence
"Je ne pense pas que l'artiste d'aujourd'hui puisse s'enfermer dans sa tour d'ivoire. L'artiste vit et souffre avec son époque, aujourd'hui non moins qu'hier."
.Né de parents italiens mais sur un territoire relevant de l'Empire austro-hongrois (Istrie), Dallapiccola fut, dès l'enfance, concerné par le problème de la liberté.
1913-1914 : Premières leçons privées de piano.
1917-1918 : Exil de sa famille à Graz pour des raisons politiques.
1922 : Études de piano, de contrepoint et de composition au Conservatoire de Florence.
1924 : Première audition du Pierrot lunaire dirigé par Schönberg lui-même. Recontre avec le compositeur à qui il rendra hommage en 1949 dans ses Tre poemi.
1926 : Débuts de sa carrière de pianiste et premières compositions. L'influence de la seconde École de Vienne marquera progressivement son travail de compositeur au cours des années trente.
1931 : Il enseigne le piano au Conservatoire Cherubini de Florence, et à partir de 1940, la composition. Il y formera de nombreux compositeurs parmi lesquels Luciano Berio.
1937 : Rencontre avec Saint-Exupéry auquel il propose d'adapter Vol de nuit pour l’opéra.
1938 : Début de la composition des Canti di Prigionia (Chants de captivité) pour protester contre la campagne antisémite officialisée en Italie.
1942 : Rencontre déterminante avec Anton Webern à Vienne.
1945-1947 : Dallapiccola est critique musical au journal florentin Il Mondo.
1950 : Première mondiale de son opéra Il Prigionero (le Prisonnier) au Mai musical florentin, opéra antifasciste qui dénonce la barbarie de la seconde guerre mondiale.
1951 : Début de sa carrière d'enseignant dans divers établissements américains : Berkshire Music Center de Tanglewood (1951-1952), Queen's College de New York (1956, 1959), Université de Californie à Berkeley (1962), Aspen Music School (1969).
1968 : Membre correspondant de l’Institut de France.
1969 : Nomination en tant que membre de la Royal Academy of Music de Londres.
1972 : Prix Arthur Honegger à Paris. Création en Autriche de Commiato, pour soprano et quinze instrumentistes, sa dernière œuvre achevée.
1975 : Dallapicolla meurt des suites d'un œdème pulmonaire.
Humaniste, révolté contre l'oppression et la captivité, il laisse une œuvre d'une haute dimension humaine : «Le seul dodécaphoniste qui écrive avec son cœur», disait Erich Kleiber en évoquant Dallapiccola, qui fut historiquement le premier Italien à adopter le système sériel propre à Schönberg tout en lui apportant des innovations considérables. Dallapiccola reste méconnu du grand public, malgré son génie de l'écriture vocale. Relevant à la fois de l'esthétique italienne (Monteverdi, Verdi, Busoni) et germanique (Wagner, Mahler, Schönberg, Webern), son œuvre est fondée sur la force de son tempérament d'homme révolté.
"Ce fut ma haine à l'égard du néo-classicisme et des musiciens qui m'inspira. On peut aussi être inspiré par la haine, et non pas toujours par l'amour !"
.ŒUVRES MARQUANTES :
- Musica per 3 pianoforti (1935)
- Volo di notte (Vol de nuit), opéra en un acte d'après Saint-Exupéry (1937-1939)
- Canti di Prigionia (1938-1941)
- Il Prigioniero, opéra en un prologue et un acte (1944-48)
- Three questions with two answers, pour orchestre (1962)
- Ulisse, opéra (1968)
- Tempus destruendi - Tempus aedificandi, diptyque pour chœur (1970-1971)
BIBLIOGRAPHIE :
Pierre Michel, Luigi Dallapiccola, Contrechamps

L. Dallapiccola / A. Schoenberg : Le prisonnier / Erwartung
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