19 août 2012 19:40

Le piano de l'Espagnol Ricardo Viñes - personnage au tempérament fantasque et passionné - s'est refermé à sa disparition en 1943.
Cette série d'émission, dédiée à la mémoire de Mildred Clary, se propose de soulever une fois encore le couvercle du piano de cet ardent défenseur de la modernité, pour qu'en jaillissent à nouveau les musiques qui se sont écrites au début du 20ème siècle.
Les compositeurs espagnols prometteurs de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle ont très largement adopté la France et Paris pour parfaire leur apprentissage et faire jouer leur musique.
Lorsque Ricardo Viñes arrive à Paris, il se lie aussitôt d'amitié avec Enrique Granados, son aîné de 8 ans. Granados est un grand pianiste et n'a pas besoin d'un interprète comme Viñes pour faire entendre sa musique, mais il lui dédie l'une de ses « Goyescas ». Après le départ de Granados en Espagne, les deux hommes continuent à se voir dans leur ville natale, à la faveur des séjours de Viñes à Lérida. Viñes est profondément ému par la mort accidentelle de Granados en 1916.
Plus tardivement, Viñes se lie avec d'autres compositeurs espagnols ; Federico Mompou, Joaquín Rodriguez, Ernesto Halffter et Joaquín Turina, dont Viñes joue beaucoup la musique.
En 1907, quand Manuel de Falla arrive à Paris, il se rend immédiatement chez Viñes, qui le présente très vite aux « Apaches », à Ravel, et contribue énormément à son intégration dans le milieu musical parisien.
Manuel de Falla a dédié à Viñes ses « Nuits dans les jardins d'Espagne » ; Viñes a également créé ses « Pièces espagnoles ». Leur amitié a perduré bien après le retour en Espagne de De Falla en 1914.
illustration : Les trois maîtres espagnols: Isaac Albéniz, Manuel de Falla, et Enrique Granados © D.R.