Aujourd’hui, c’est d’indépendance que nous allons parler, d’indépendance instrumentale, en l’occurrence du violoncelle au XVIIIe siècle en Italie, avant que celui-ci ne soit réquisitionné par le quatuor et juste après qu’il eut supplanté la viole de gambe.
C’est l’époque de sa libération. Or l’indépendance a un prix. Pour voler de ses propres ailes, le violoncelle, de bœuf qu’il était, sera transcendé en rossignol. C’est Voltaire qui le dit. Mais pour être rossignol, il devra étendre sa tessiture, voguer de bas en haut en jouant de cette nouvelle identité schizophrénique : garder son assise harmonique et dessiner en même temps des volutes mélodiques, tout en s’accompagnant. C’est le comble ! Et afin d'arriver à fusionner ces deux dimensions, l’accompagnement et le chant, le violoncelle a dû être frotté "da gamba" ou "da spalla", de jambe ou d’épaule, par de très grands virtuoses capables de rivaliser avec la brillance et la fougue des violonistes.
Alors, pour signer cette nouvelle indépendance, dans le petit milieu des cours européennes, de Paris à Londres mais surtout de Berlin à Venise ou Bologne, on disait que le violoncelle parlait. C’est ce langage du "recitar" au violoncelle que nous allons vous dévoiler ce matin, en compagnie de l’un de ceux qui parlent le mieux avec le violoncelle, et pour cause : Gaetano Nasillo, accompagné de Sara Bennici...