21 mai 2012 11:00

"Le violon est fort contraire à la viole... beaucoup plus rude en son... Il s'en trouve peu de personnes qui en usent, sinon ceux qui en vivent par leur labeur. Nous appelons violes celles desquelles les gentilshommes, marchands, et autres gens de vertu passent leur temps" (Philibert Jambe de Fer, 1556)
Chaque semaine, un pan de répertoire vous est découvert et expliqué par les musiciens eux-mêmes. Le Matin des musiciens, ce temple des clés d'écoute, est aujourd'hui entièrement consacré au répertoire du consort de violes, entre la France et l'Angleterre. Je reçois un des ensembles les plus talentueux rencontrés ces dernières années : Sit Fast !
Le consort de violes construit une architecture. Il en fixe les fondations, donc l'espace, et vous invite à entrer dans son écoute - une écoute plurielle (aucune des voix n'est imposée) mais qui vise un même niveau de conscience. C'est la recherche de l'unité au coeur de la multiplicité. Il faut accepter que l'âme soit ballottée, se laisser faire et résister à l'attirance d'une ligne au détriment d'une autre. Aucun contrepoint ne sera jamais aussi sensuel que celui des violes.
Ce petit préambule en guise d'introduction à mes quatre invités, pour leur redire combien leur son et leur humanité m'inspirent...
Sit Fast
Atsushi Sakai, dessus de viole
Isabelle Saint-Yves, dessus de viole
Thomas de Pierrefeu, ténor de viole
Joshua Cheatham, basse de viole
illustration : Sit Fast © DR