Concours de piano : la course d'Indianapolis
Samedi 28 Août 2010 16:00

Aaron Diehl
L'AMA (American Pianists Association) est une organisation américaine créée en 1979 et soutenue par plusieurs fondations privées, la ville d'Indianapolis et le National Endowment for the Arts.
Elle organise un concours - le Cole Porter Fellowship - récompensé par un prix de 50 000$ remis à un jeune talent du piano jazz (entre 18 et 30 ans). Cinq finalistes sont en compétition. Emmet Cohen, 20 ans, de Miami ; Zach Lapidus, 23 ans, d'Indianapolis ; Glenn Zaleski, 22 ans, de NYC ; Aaron Diehl, 24 ans, de NYC ; Jeremy Siskind, 23 ans, de New York également.
Ce Cole Porter Fellowship est le concours le mieux doté au monde pour les jeunes pianistes de jazz. Le jury de pré-sélection a écouté à l'aveugle les enregistrements de 40 postulants avant de sélectionner ces 5 finalistes. Entre le 18 septembre 2010 et le 26 février 2011, chacun se produira à la Jazz Kitchen d'Indianapolis.
Ils se retrouveront ensuite durant l'American Pianists Association Jazz Discovery Week (du 10 au 17 avril 2011) où ils seront d'abord entendus en situation de concert individuel dans diverses salles d'Indianapolis ; des demi-finales se dérouleront en deux sets le 15 avril à la Jazz Kitchen ; la finale aura lieu le 16 avril à l'Athenaeum où ils auront notamment à accompagner à tour de rôle Dee Dee Bridgewater.
Le jury sera composé des pianistes Geri Allen, Danilo Perez et John Taylor, du journaliste du New York Times Nate Chinen et du producteur Al Pryor (Mack Avenue Records).
Comme on peut tous les écouter, sur une composition originale sur le site de l'APA, vous pouvez vous amuser à formuler vos propres pronostics : verdict ici-même dans huit mois…
plus d'infos
> http://web.me.com/jfreed/DL_Media/APA.html
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Concours de piano jazz, Cole Porter Fellowship, American Pianists Association,
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cheap jerseys - 24/09/2010 02h40
This was a useful post and I think it is rather easy to see from the other comments as well that this post is well written and useful.
Open Jazz, la rentrée
Jeudi 26 Août 2010 12:30

Norma Winstone
Oyez, oyez ! Lundi 30 août, reprise de la saison pour le RV quotidien d'Open Jazz sur France Musique. L'horaire de l'émission, légèrement avancé, est désormais 19h05-20h00.
L'équipe de choc qui a fait un beau parcours dans le championnat de la saison dernière est reconstituée: une charnière composée de Georges Kiosseff en n°9, pour aboyer les ordres au technicien de devant et introduire les CD en mêlée et d'Emmanuelle Lacaze en n°10 pour distribuer le jeu des infos sur le site de l'émission. De mon côté, j'hésite encore entre le n°2 du talonneur qui ratisse les CDs jonchant la pelouse ou le n°15 de l'arrière qui envoie des chandelles. Je crains que le tour de taille du retour de 3ème mi-temps estivale ne décide pour moi…
Dès lundi 30 août, histoire de démarrer en trombe, 10 CD à gagner : il s'agira de l'album "Stories Yet To Tell" de la chanteuse britannique Norma Winstone qui sort ce jour là sur ECM. Elle s'y produit en trio avec Klaus Gesing (b-cl, ss) et Glauco Venier (p).
Mardi et jeudi, 10 places à gagner à chaque fois pour des concerts du La Villette Jazz festival (Chick Corea et Abraham Inc.). Et le vendredi, nous jouons à l'extérieur, puisque l'émission sera en public et en direct depuis la Grande Halle de La Villette - vous y êtes les bienvenu(e)s, nous serons juste à l'entrée de la salle, face à la billetterie -, avec en invités David Krakauer, Fred Wesley et Socalled, les trois leaders de Abraham Inc.
Le programme de la semaine sur les ondes ? Lundi donc, Norma Winstone ; mardi, le pianiste Vijay Iyer ; mercredi, les nouveaux opus de John Zorn ; jeudi, la chanteuse Kellylee Evans et vendredi La Villette Jazz Festival. À fond les ballons…
plus d'infos
> http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/open-jazz/emission.php?e_id=65000050
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Open Jazz, France Musique, Saison 2010-2011
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Alex Dutilh - 14/09/2010 17h35
Il nous reste encore des problèmes juridiques à régler, entre Radio France et les sociétés de droits d'auteur et droits voisins. Mais c'est le sens de l'histoire…
Colas-Adler - 14/09/2010 14h14
A quand le podcast de cette intelligente émission?
Alex Dutilh - 01/09/2010 00h16
J'avais la chair de poule au moment du direct : la qualité d'écoute dans le studio, avec de superbes enceintes, permettait d'avoir quasiment la même écoute qu'en se trouvant assis au piano…
Pierres précieuses
Mercredi 25 Août 2010 14:30

Stephanie Stone
La semaine passée, le Wall Street Journal s'intéressait à une pianiste underground de 89 ans, Stephanie Stone.
Qui est elle ? La veuve d'un jazzfan, Irving Stone, et une pianiste qui fut d'abord une jeune photographe écumant les clubs de Manhattan à la fin des années 40, jusqu'à ce que le patron du Kelly's, sur la 52ème rue, lui demande d'assurer l'avant concert de Coleman Hawkins en piano-voix… Elle allait laisser tomber le noir et blanc de la photo pour celui du clavier.
Elle rencontra son mari en 1957, aux concerts de Sonny Rollins "At The Village Vanguard". Irving était déjà une figure noctambule de la scène jazz new-yorkaise. Il fut ainsi le financeur du célèbre concert "Ornette Coleman at the Town Hall". Avec sa femme, ils furent parmi les plus ardents défenseurs de la scène downtown et parmi les plus assidus aux concerts de John Zorn, Fred Frith ou Tom Cora.
À la disparition de Irving Stone, Zorn organisa et publia en double CD un "Memorial Concert" qui voyait toute la famille musicale alternative du Lower East Village lui rendre hommage. Lorsqu'il mit la clé sous la porte du club Tonic, que les Stone fréquentaient assidûment, pour ouvrir un autre club au coin de l'Avenue C et de 2nd Street, John Zorn lui donna le nom The Stone pour perpétuer l'esprit de ce compagnon de route mélomane, fidèle et passionné.
Et aujourd'hui, si l'on peut fréquemment côtoyer Stephanie Stone dans la salle où elle a ses habitudes, il arrive que la pianiste y soit programmée sur scène, comme récemment en trio avec Greg Cohen et Joey Baron ! Une inaltérable aficionada.

Le CD Tzadik 7611-12
plus d'infos
> http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703960004575427720595042164.html?KEYWORDS=jazz
> http://www.wnur.org/jazz/performance/zornfest/zornfest-p-stone.html
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Stephanie Stone,
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Alex Dutilh - 02/09/2010 17h35
Plus longtemps à attendre : Rollins "At The Village Vanguard" sera à mon programme de l'émission de vendredi 10 septembre, en direct et en public de la Fête de l'Huma…
Nicolas - 02/09/2010 15h36
un grand merci pour ce portrait d'une femme étonnante. Et je crois que la prochaine fois que j'écoute le concert au Village Vanguard de Sonny Rollins, j'imaginerai également la rencontre amoureuse de deux personnes pas loin de la scène!! Merci enfin pour ce blog qui permet d'apprécier le jazz encore autrement.
Le nouvel album de Danilo Perez en avant-première
Mardi 24 Août 2010 10:00

Depuis aujourd'hui et jusqu'au 31 août, vous pouvez écouter gratuitement les 50 minutes de l'album de Danilo Perez, "Providencia" sur le site de la NPR. L'album sortira le 1er septembre chez Mack Avenue Records.
Le pianiste panaméen s'y présente avec le contrebassiste Ben Street et le batteur Adam Cruz, ses compagnons depuis huit ans. En invités, on croise également le saxophoniste indo-américain Rudresh Mahanthappa, le percussioniste Jamey Haddad et la chanteuse portugaise Sara Serpa… Preuve supplémentaire du rôle militant joué ces derniers temps par Danilo Perez en faveur de ce qu'il nomme avec d'autres le global jazz : un ressourcement du jazz auprès d'autres cultures que la seule tradition née aux États-Unis.
plus d'infos
> http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=129310107
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Danilo Perez, "Providencia", écoute gratuite
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wholesale high quality shoes - 24/09/2010 02h46
Thanks for the nice blog. It was very useful for me. I'm happy I found this blog.(^_^)
Lionel Eskenazi - 26/08/2010 22h04
Merci Alex pour ce lien, l'album est vraiment passionnant, inspiré et profond. Tout ce que j'aime !!! Il me semble que l'on n'a pas fini d'en parler ! Un album qui devrait compter parmi les disques essentiels de 2010 !
Gerald Clayton prend date
Mardi 24 Août 2010 09:30

de g. à dr. Gerald Clayton, Joe Sanders et Justin Brown
Au référendum des critiques du magazine Downbeat, il est le pianiste consacré "nouveau talent de l'année". À 26 ans, Gerald Clayton fait l'actualité new-yorkaise cette semaine puisque du 26 au 29 août il occupe la scène du Jazz Standard (au sous-sol du restaurant Blue Smoke où l'on mange les meilleurs spareribs de New York).
La grande nouveauté, c'est que Gerald Clayton s'y présente en quintet ! Aux deux membres de son trio éprouvé, le bassiste Joe Sanders et le batteur Justin Brown, il adjoint en effet le trompettiste Ambrose Akinmusire et le saxophoniste alto Logan Richardson. Deux jeunes jazzmen - 28 et 30 ans - de cette génération qui assume l'héritage d'un siècle de jazz en procédant par une extension des formes plutôt que par révolution.
Permanence de la pulsation, swing épais ou groove léger… Puzzles mélodiques pour des suites scénarisées… Enchainements harmoniques sans complexes… Ces garçons ont été biberonnés au jazz depuis toujours (papa et tonton pour Gerald Clayton) et ils s'y ébrouent joyeusement. Comme un nouvel album, "Bond", est annoncé pour janvier 2011 chez Universal, il est probable que le pianiste pense à y présenter un "trio + 2" pour varier les plaisirs après le succès du récent "Two Shade" en trio.
À noter que Gerald Clayton, qui fut révélé dans le groupe de Roy Hargrove il y a quelques années, jouait le semaine passée à l'Iridium, sur Times Square, en tant que pianiste du quartet d'Al Foster (avec Chris Potter et Doug Weiss) : toujours cette attention à la transmission d'une génération à l'autre. Pour continuer à apprendre.
plus d'infos
> http://www.geraldclayton.com/
> http://www.jazzstandard.net/red/index.html
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Gerald Clayton
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CD : Jason Moran "Ten"
Lundi 23 Août 2010 09:00

Jason Moran (p), Tarus Mateen (b), Nasheet Waits (dms). Enregistré en 2010.
♥♥♥♥ Tableaux d’une exposition .
Dix ans que le pianiste trublion a signé son premier album chez Blue Note et monté son trio « The Bandwagon ». Jusqu’ici, il nous a habitué à des « albums-concept ». Cette fois, histoire de nous prendre à revers, un pied de nez. Le concept de « Ten », c’est l’absence de concept. Il s’agit de laisser « prendre » la complicité du trio comme une sauce prend. Un dosage éprouvé de lyrisme échevelé, de reflexes communs et de goût de l’exploration.
Témoin parfait, ces deux versions, sur deux parti-pris rythmiques différents de Study N°6 du compositeur contemporain Conlon Nancarrow. Deux versants d’une même jubilation : la transe et la contemplation, sur une mélodie sublime constamment lisible. Entre les deux, un Pas de deux en piano solo, fruit d’une collaboration de Jason Moran avec le chorégraphe Alonzo King.
Côté exploratoire, un fascinant Feedback Pt. 2, commande du Monterey Jazz Festival 2009 pour évoquer le fameux concert que donna là-bas Jimi Hendrix en 1967. Le pianiste s’est servi des larsens utilisés par le guitariste pour s’imprégner de son univers d’une manière paradoxalement intimiste. Gonflé, onirique et sacrément musical. Aux antipodes, une énième (la neuvième ?) variation sur la composition Gangsterism de ses débuts, ici intitulée Gangsterism Over 10 Years. Un élan irrépressible, une signature par la puissance de jeu et les changements de direction opérés ensemble, une dialectique subtile entre ostinatos et phrases envolées…
Comme toujours chez jason Moran, c’est ce que l’on nomme interplay - l’interaction et la réactivité des membres du groupe – qui est au cœur du processus musical. Sans la rondeur rythmique de Tarus Mateen et les dentelles percussives de Nasheet Waits, « The Bandwagon » ferait moins la fête à l’imaginaire. En « prime », trois dettes de Jason à ses maîtres Thelonious Monk, Jaki Byard et Andrew Hill. Tiens, trois maîtres de l’étrange ! Histoire de justifier un morceau caché derrière le Old Babies dérangé par les voix de ses deux bébés jumeaux, un Nobody jailli de la fin du XIXème siècle : « une chanson du ménestrel Bert Williams, explique Moran. Un performer black qui se maquillait… en noir ! Je suis un musicien afro-américain et ça fait partie de mon histoire, de l’histoire de tous les Américains et de l’histoire humaine. Que faisons-nous subir à nous-mêmes ? Aux autres ? Et pourquoi ? » Splendide.
A.D.
Télécharger : Gangsterism Over 10 Years
1 CD Blue Note - Distribué par EMI (paru aux États-Unis le 22 juin, le disque sort en France le 6 septembre, jour où il sera au programme de Open Jazz sur France Musique).
Jason Moran sera en concert à Paris, au New Morning, le 3 novembre.
Mode d’emploi :
♥ = décevant ; ♥♥ = sans relief ; ♥♥♥ = oui ; ♥♥♥♥ = excellent ; ♥♥♥♥♥ = coup de foudre
plus d'infos
> http://www.jasonmoran.com/read_bio.html
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Jason Moran, "Ten", chronique, review
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Herman Leonard (1923-2010) : l'œil du jazz se ferme
Mercredi 18 Août 2010 18:22

Deux autoportraits : 1997 et 1951 © Herman Leonard
Il n'a guère passé plus d'une décennie à photographier le jazz (de 1949 à 1960), mais à l'instar d'un William Claxton ou d'un Roy DeCarava il a définitivement marqué la "photographie de jazz" de son empreinte.
Herman Leonard vient de s'éteindre, samedi 14 août à Los Angeles où il s'était retiré après que sa maison de New Orleans (et une partie de ses archives) eut été détruite par l'ouragan Katrina. Nombre de ses images sont célebrissimes, notamment celle du saxophoniste Dexter Gordon dans un nuage de fumée au club new-yorkais du Royal Roost, celle de Charlie Parker en studio réécoutant un enregistrement, ou encore le chapeau de Lester Young posé sur l'étui du saxophone avec des volutes de cigarette…
Et Art Blakey au Club Saint-Germain à Paris, car Herman Leonard séjourné longtemps à Paris dans les années soixante lors qu'il fut le photographe de Play Boy pour l'Europe… Un temps, il fut le photographe "officiel" de Marlon Brando, l'accompagnant en Extrême-Orient.
Herman Leonard avait un sens aigu du dépouillement. Noir et blanc tranchant: noirs profonds, gris intenses, blancs lumineux. Peu de présence du décor, juste ce qui permet de créer une atmosphère évocatrice : la fumée d'un club, la lumière qui tombe à la verticale, un regard perdu. Et l'art de se faire oublier : on le sent invisible pour le musicien photographié.
"L'Œil du jazz" et "Jazz Memories" (ed. Filipacchi) sont ses livres qui ont fait l'objet d'éditions françaises.

plus d'infos
> http://www.hermanleonard.com/
> http://www.dailymotion.com/video/xawjue_galerie-lounge-td-entrevue-herman-l_music
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Mort du photographe américain Herman Leonard
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Alex Dutilh - 19/08/2010 18h07
Merci, je rectifie la bourde…
Laurent - 19/08/2010 15h09
Bonjour,
Juste une petite correction sur votre article : Le décès d'Herman Léonard a eu lieu le 14 août et non le 14 juillet.
Sinon, recevez toutes mes félicitations et mes encouragements pour l'ensemble de vos travaux (radiophoniques, journalistiques ... et "blogistiques"). Je les consomme très régulièrement !
jazzman - 19/08/2010 13h46
magnifique les nuances messieurs ! ma-gni-fique !
Les effluves jazz de l'Agur Jaunak
Mercredi 18 Août 2010 09:00

© Alex Dutilh
Mardi 17 août, 20h20, arènes de Dax. Une page se tourne. Sept bandas sur le sable des arènes après l'ultime corrida de la feria. Comme tous les ans, un rite de clôture. Les cuadrillas des toreros ont quitté les lieux.
À l'instant où le jour décline sur des cieux de pelage de toro, une autre cérémonie païenne peut commencer. Trois compositions jouée par près de 250 musiciens rassemblés sur le sable et chantées à pleins poumons par les 8000 spectateurs vêtus de rouge et blanc. Si, si, des martiens en feraient un sujet de recherche ethnologique.
D'abord Paquito chocolatero pour communier en frappant trois temps sur quatre dans les mains ; puis Vino griego en balançant les foulards rouges à bout de bras, de gauche à droite, tout au long de la chanson, avant de les remiser dans un tiroir jusqu'à l'année suivante. Enfin Agur Jaunak.
L'au-revoir basque de la San Fermin à Pamplona: "à l'année prochaine…" Poignant. Grondement de grosses caisses avant que les poils des bras ne se soulèvent et que la chair de poule (c'est le pays) ne vous tourneboule ce qui vous reste de lucidité éméchée. Cuivres en érection, bois en pâmoison, temps en suspension. 250 musiciens à gorge déployée.
Et d'un coup les effluves du Brotherhood of Breath de Chris McGregor, du Liberation Music Orchestra de Charlie Haden et Carla Bley, du Lincoln Center Orchestra avec Paco de Lucia et Chano Dominguez, du Coltrane de Olé, du Miles de Sketches of Spain, du Corea de Spain, des cuivres exubérants du Sud Ensemble de Pino Minafra, de la mémoire des débordements extravertis de Willem Breuker, de la spiritualité de Duke Ellington, de la transe mingusienne de Wednesday Night Prayer Meeting…
Tout cela emmêlé et enchanté. Bientôt la nuit tombe, transfigurée. Dans ce lieu sur la planète, à cette heure précise, cet Agur Jaunak est simplement la musique la plus nécessaire qui soit. Sens social, sens universel. Sens de l'écoulement - et de l'arrêt - du temps, des saisons et de la vie qui coule à gros bouillons. Bande son d'une culture populaire heureuse de se vivre en partage. Ces minutes-là sont celles d'un Bayreuth ou d'un Village Vanguard qui se vit avant de se représenter. Un immense bonheur arraché aux déchirements d'une année ordinaire. Juste la sensation de la nécessité absolue de la musique.
Dax Agur Jaunakenvoyé par jpc33000. - Découvrez plus de vidéos créatives.
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Feria de Dax 2010, Agur Jaunak
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Jazz Hot en fac-similé
Mardi 17 Août 2010 08:00

le n°35 d'après-guerre
Avis aux chineurs désireux de compléter leur collection. La revue Jazz Hot, créée en 1935, a entamé la réédition d'une grande partie de ses exemplaires épuisés et désormais objets de collection.
Ils sont disponibles sur la boutique en ligne de la revue et réédités en fac-similé sur un papier plus épais que les originaux pour permettre une meilleure conservation. Le prix est conséquent (15 ou 20€), mais c'est celui de la rareté… Les 32 premiers numéros avaient paru avant-guerre. L'honneur de Jazz-Hot fut d'interrompre sa parution entre 1939 et 45, ce qui explique qu'une nouvelle numérotation redémarra à l'automne 1945.
plus d'infos
> http://www.jazzhot.net/PBSCCatalog.asp
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Jazz Hot, réédition d'anciens numéros
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Abbey Lincoln s'éteint à 80 ans
Dimanche 15 Août 2010 11:00

© DR
Elle venait d’avoir 80 ans le 6 août dernier. On la savait malade, elle vivait recluse depuis quelque temps dans son appartement du Upper West Side à Manhattan. La chanteuse, actrice et songwriter s’est éteinte hier, samedi 14 août à New York.
Une voix totalement singulière et une personnalité résolument engagée. Dans la lignée directe de Billie Holiday, sa plus grande influence avec « l’impératrice du blues » Bessie Smith, Abbey Lincoln n’a eu de cesse d’écrire et de chanter un répertoire valorisant les luttes de la communauté afro-américaine. Son chef d’œuvre est peut-être son ultime enregistrement, publié en 2007, « Abbey Sings Abbey », entièrement consacré à ses propres chansons : des reprises écorchées, où le sens déborde la mise en forme, où l’émotion pure traverse le grain et le souffle d’une voix qui a vécu le moindre de ses mots. Une chanson comme Throw It Away vous prend à la gorge et ne vous lâche plus pendant des jours et des nuits.
Si elle débuta une carrière de chanteuse de jazz plutôt glamour en 1956, c’est en 1960, avec Max Roach qui allait devenir son époux, qu’elle enregistra une œuvre phare qui allait constituer un tournant esthétique décisif : l’album « We Insist! Max Roach’s Freedom Now Suite », paru sur Candid. Le Triptych qu’elle y chante, crie, hurle et gémit est l’une des plus grandes pages du jazz vocal, toutes époques confondues. Par la suite elle développera ses capacités d’écriture au service d’une expressivité maximum.
Après Gérard Terronès en 1980 pour « Painted Lady », c’est un autre producteur français, Jean-Philippe Allard, pour Polygram (aujourd’hui Verve/Universal) qui la sortira de sa retraite. Elle s’était en effet installée à Los Angeles après son divorce avec Max Roach, avant de revenir vivre à New York. En 1990, « The World Is Falling Down » allait marquer le début d’une série de rendez-vous discographiques qui allaient la faire découvrir à une nouvelle génération. Son timbre grave influencera profondément Cassandra Wilson et sa personnalité sans concessions est un exemple dont Mina Agossi s’inspire aujourd’hui.
Abbey Lincoln ne chantait pas pour ne rien dire. Elle donnait une vision de son temps. Ses chansons célébraient l’amour fou du jazz. Elle nous inspirait.
plus d'infos
> http://www.nytimes.com/2010/08/15/arts/music/15lincoln.html?_r=2&hp
> http://www.jazzdiscography.com/Artists/Lincoln/al-disc.htm
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Abbey Lincoln
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CD : John Zorn, The Goddess + Masada String Trio
Samedi 14 Août 2010 10:00

Toujours plus loin dans l’art du détail. C’est un très fin tissage d’harmonies que nous offre John Zorn (composition et direction, il ne joue pas) dans son tout nouveau « The Goddess » (Tzadik 7383). Un sextet associant quatre instruments harmoniques (le piano de Rob Burger, le vibraphone de Kenny Wollesen, la harpe de Carol Emmanuel et la guitare de Marc Ribot) au couple rythmique constitué de Trevor Dunn (b) et Ben Perowski (dms). Tous des familiers.
Le processus avait été entamé voici deux ans avec le trio piano-contrebasse-batterie des « Alhambra Love Songs » (Burger, Greg Cohen, Perowski), poursuivi dans « In Search Of The Miraculous » avec l’addition d’un vibraphone, de la harpe et d’une basse électrique. Ici aussi l’on a affaire à un « faux sextet » avec plutôt un « trio augmenté » se transformant en quartet, quintet ou sextet selon les plages. Sur le plan de la forme, de la pâte sonore d’ensemble, la parenté avec le sextet « The Dreamers » de 2008 est patente (la première composition de « The Goddess », Enchantress, est comme une variation de Uluwati, la seconde de « The Dreamers »…) . Mais sur le fond, c’est bien vers le mysticisme feutré de « In Search Of The Miraculous » qu’il faut se tourner.
« The Goddess », enregistré en décembre 2009, est « une collection d’odes célébrant la Femme et sa dimension mythologique ou ésotérique à travers les âges », selon les termes de Zorn. On navigue entre un swing nerveux prolongeant les sophistications du Modern Jazz Quartet (Ishtar), le souvenir de l’association de Walt Dickerson et Albert Dailey dans « To My Queen Revisited » (White Magick, Ode To Delphi), des échos des timbres répétés de Steve Reich et Terri Riley, Et si Marc Ribot n’intervient que ponctuellement, la véritable révélation de l’album est le pianiste Rob Burger, omniprésent dans le rôle d’un centre de gravité évoluant en spirales hypnotiques. Point culminant, les 12 minutes de Beyond The Infinite où l’on finit envoûté par les ostinatos des entrelacs piano-vibraphone.
Au même moment, John Zorn publie « Haborym: The Book Of Angels Volume 16 » (Tzadik 7384) par le Masada String Trio enregistré en mars 2010. C’est la première fois qu’il récidive en confiant à un même ensemble un second volume de la série consacrée aux compositions originellement écrites par Zorn pour le quartet Masada. En 2005, Mark Feldman (vln), Erik Friedlander (cello) et Greg Cohen(b), avaient déjà signé le Volume 2, « Azazel ». Il faut dire que l’année précédente ils avaient inauguré la collection « 50th Birthday Celebration » des concerts enregistrés au Tonic en septembre 2003 et que dès 1998 ils illuminaient les arrangements pour trio à cordes du Masada Book dans « The Circle Maker ».
Ce « Volume 16 », va tout simplement plus loin dans la liberté musicale. On sent les trois hommes tellement à l’aise avec les règles du jeu de l’interprétation du répertoire du Masada Book de John Zorn qu’ils s’autorisent toutes sortes de dilatation, dérivations, provocations, élucubrations et réappropriations. Cinglante, brillante, mue par une pulsation suggérée ou explicite, la musique est tout sauf tiède. Elle insiste sur les contrastes, elle gratte et démange, mais peut aussi bien s’alanguir dans une sensualité assumée sur la composition qui suit comme s’écorcher sur des dérapages contrôlés. En constante, un lyrisme échevelé bel et bien signé John Zorn.

plus d'infos
> http://www.orkhestra.fr/nouveau.php
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John Zorn, The Goddess, Masada String Trio
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Assaut d'humilité à Newport
Vendredi 13 Août 2010 09:00

Dave Brubeck et Wynton Marsalis sur la scène de Newport © Joe Giblin
Dimanche dernier 8 août, pour son dernier jour de l'édition 2010, le Newport Jazz Festival (Rhode Island) invitait Dave Brubeck, 90 ans le 6 décembre prochain, à rejoindre le quintet de Wynton Marsalis, tout juste débarqué de son séjour à Marciac. Accueilli par un Happy Birthday accommodé à la sauce New Orleans, Brubeck s'installa au piano pour continuer sa longue histoire d'amour avec Newport où il joua pour la première fois en 1955, lors de la seconde édition du festival. Cinquante ans plus tard, en 2005, Dave avait invité Wynton à rejoindre son quartet sur scène.
Pour ce retour d'invitation, Dave Brubeck s'était déclaré intimidé. "C'est un génie, est-ce que je peux vraiment jouer avec lui ?" avait-il objecté à George Wein qui lui en faisait l'invitation…
Pour présenter le pianiste quand ce dernier monta sur scène, Wynton précisa qu'il n'est pas seulement une légende vivante du jazz, mais "un homme qui représente l'essence de la grandeur américaine". Avant d'entamer en duo These Foolish Things, ils commencèrent par le Blues For Newport que Brubeck avait composé pour le festival de 1971. Le pianiste remercia tout son monde par un piano solo sur son Thank You inspiré de Chopin et dédié au peuple polonais lors de sa tournée européenne de 1958. Ils se séparèrent sur Take The A Train avant de consacrer un long moment à répondre aux questions d'un orchestre d'écoliers de Brooklyn invités à Newport par une association caritative dont s'occupe la fille de Brubeck.
plus d'infos
> http://www.newportjazzfest.net/
> http://www.wyntonmarsalis.org/2005/08/17/wynton-and-dave-brubeck-playing-at-newport/
tags :
Dave Brubeck, Wynton Marsalis, Newport 2010
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Marciac 2010 6/6 : Zorn et Avishai, l'un habille, l'autre déshabille
Jeudi 12 Août 2010 15:00

The Dreamers, de g. à dr. : Kenny Wollesen, Trevor Dunn, Marc Ribot, John Zorn © Pierre Vignaux
Retour obligé à Marciac ce 11 août, pour qui considère indispensables les apparitions de John Zorn. À Marciac, depuis août 2005, Zorn n'aura manqué que l'édition 2009 du festival. Le musicien le plus fidèle au rendez-vous gersois après Wynton Marsalis ; tous deux aussi dissemblables et indispensables que l'eau et le feu ou le soleil et la lune…
Une fois de plus Zorn venait là dans un contexte inédit pour les marciacais, celui de son sextet "The Dreamers" : Marc Ribot (g), Kenny Wollesen (vib), Jamie Saft (claviers), Trevor Dunn (b), Joey Baron (dms), Cyro Baptista (perc) et John Zorn (dir, as). Deux heures de jeu collectif mené de main de maître. Sauf au rappel où, cédant à la supplique de Jean-Louis Guilhaumon, il prit son alto comme un matador s'empare de l'épée au dernier tercio, Zorn s'est consacré à jouer de son sextet, à improviser sous nos yeux les arrangements de ses compositions par une direction aussi paradoxale que littéralement inspirée.
Paradoxale, car il laisse d'immenses espaces de liberté aux six membres du groupe tout en contrôlant la moindre inflexion. Exigence absolue, bienveillance permanente : un must de la direction d'orchestre, tous genres confondus ! Et inspirée parce qu'il sort le meilleur de chacun des instrumentistes. Hier soir, on a eu ainsi droit à un immense Marc Ribot, à des chorus de Jamie Saft (sur un clavier au son de Wurlitzer) à rendre jalous John Medeski, à un Kenny Wollesen batifolant comme un elfe en sueur sur son vibraphone, à un trio rythmique - Trevor Dunn garnement, Joey Baron hilare et Cyro Baptista poète - installant des grooves à défier le lever du jour. Plaisir rare que d’assister à un tel luxe de nuances et de détails dans la musique : Zorn habille, rajuste, redresse, déplie, souligne, éclaire… Le répertoire reprenait l’essentiel celui du premier album, « The Dreamers » (paru en 2008, Tzadik 7366), avec des incursions dans les deux suivants « O’o » (paru en 2009, Tzadik 6376) et « Ipos » (paru en 2010, Tzadik 7380). Un kaléidoscope sur le plan des paysages (jazz, surf music, blues, rock rageur, musique répétitive…), avec l’unité de son d’un grand auteur de musique de film. Ce fut tour à tour tendre et débridé, suave et sauvage, entre transe et extase. Deux heures de grand-huit sans ceinture de sécurité. À la sortie, une foule secouée de bonheur insomniaque. Il était bientôt deux heures du matin et le temps s’était arrêté.
Sur le coup de 21H15, la soirée avait été lancée par le rayonnant quintet d’un Avishai Cohen (b, voc) radieux, avec Amos Hoffman (oud), Shai Maestro (p), Karen Malka (voc) et Itamar Doari (dms, perc). Lui aussi terriblement généreux, alternant des chansons où il s’accompagne de sa seule contrebasse (un poignant Alfonsina del mar) et les thèmes entre folk et pop qui font le succès de son album « Aurora » (Blue Note).
Plaisir gourmand que celui de cette contrebasse d’une justesse imparable, au son chargé d’harmoniques, au rythme toujours propulsé vers l’avant. Les improvisations d’Amos Hoffman bénéficient d’une amplification idéale de l’oud : une installation de micro sur la coque de l’instrument qu’il a conçue et mis au point lui-même pour un instrument particulièrement difficile à sonoriser au sein d’un groupe. Son chaud, précis, phrases architecturées, l’osmose d’Amos avec la contrebasse du leader amène une sensualité qui est le moins le propos du pianiste. Alors que la présence de Karen Malka est plutôt celle d’une coloriste, Shai Maestro installe un tranchant qui ouvre les portes du show à Avishai. Le retour en Israël de l’ancien bassiste de Chick Corea (entre autres) a correspondu à un recentrage sur ses racines sépharades : il chante en hébreu, en ladino (le concert s’ouvre avec Morenica), en anglais, des mélodies aux dont les accents voyagent entre le Moyen-Orient et l’Andalousie. Au rappel, porté par un accueil enthousiaste des 6000 spectateurs, il tombera le tee-shirt pour un final très rock star. À l’entracte, bataille rangée pour la signature au stand de vente de CD… « Marciac c’est vraiment spécial », confiait-il dans la foulée au micro d’Elsa Boublil qui assure les 22h-minuit sur France Inter jusqu’à vendredi soir.

Avishai Cohen au rappel © Pierre Vignaux
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orlando - 30/10/2010 18h37
Avishai, bonne musique mais dommage un peu trop de cirque ; quand à Zorn j'espère qu'on va pas attendre qu'il meure pour crier au génie.
Alex Dutilh - 26/08/2010 09h06
Hmmm, hmmm. Double vérification effectué par le félin rose… D'abord, réécoute hier soir dans la cabine avec l'équipe technique, puis ce matin sur l'ordinateur au casque : la diffusion a bien été effectuée en stéréo, totalement fidèle à l'enregistrement. Une stéréo "d'époque" avec une séparation marquée des deux voies.
Ensuite, à propos de la date : toutes les précisions figurent sur l'édition de 1999 du "Complete Ellington At Newport". Il y eut un premier ... [ lire la suite ]
Alex Dutilh - 25/08/2010 14h48
Effectivement, l'enregistrement "Ellington at Newport 1956" est bel et bien en stéréo. Je missionne l'inspecteur Clouzot pour une enquête. Il ne passera pas inaperçu, car les panthères roses vont rares dans les couloirs de la Maison ronde…
Trompette : tout ce que vous avez toujours voulu savoir…
Lundi 9 Août 2010 08:00

La couverture du CD Rom
Il s'appelle Michel Laplace. Il est de ces trompettistes fous de leur instrument. Comme il a la plume facile (collaborateur de "Jazz Hot") et une patience de documentaliste, il a pris le temps nécessaire à la réalisation d'un CD Rom intitulé "Trompette, cuivres et XXème siècle" dont il livre une 2ème édition enrichie.
Compatible Mac et PC cette véritable encyclopédie de la trompette (1250 pages, 86 Mo) présente en guise d'album de famille les notices biographiques de plus de 3000 trompettistes. Avec des portraits photographiques qui sont souvent des raretés. S'y ajoute, une série de discographies complètes (Dizzy Gillespie, Bill Coleman, Roger Guérin, Aimé Barelli, Louis Metcalf, Jabbo Smith…) ou thématiques (la trompette cubaine). En prime, des co,seils techniques, des interviews (Wynton Marsalis…) et des études portant sur des sujets aussi divers que Ravel et le "nouveau" trombone, le tuba dans le jazz, les "vents populaires de Louisiane"…
Côté "cuivres", trombone, tuba et cor font l'objet de longs développements. Enfin, les liens permettent de glisser sur des extraits sonores ou des vidéos. Si l'on s'amuse, comme pour tout dictionnaire à repérer les noms manquants (Taylor Ho Bynum, Peter Evans…), on est renvoyé à l'humilité par la masse de ceux qui sont là et que l'on ignorait benoitement. À l'heure des devoirs de vacances, un outil documentaire pour la rentrée ! Disponible directement auprès de l'auteur : michellaplace@neuf.fr
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Trompette, cuivres, CD Rom, encyclopédie, Michel Laplace
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Philippe Lévy-Stab expose et s'expose
Samedi 7 Août 2010 08:00

Queensboro Bridge / Roy Hargrove / Jeremy Pelt / Manhattan Nocturne, 5th Avenue © Philippe Lévy-Stab
Depuis 25 ans, le photographe parisien Philippe Lévy-Stab consacre la majeure partie de son travail au jazz. Un sublime travail sur les lumières et les lignes, en noir et blanc et de format carré puisqu'il utilise un 6x6 Hasselblad.
L'Hôtel Lutetia à Paris célèbre ses 100 ans cette année et présente l'exposition de Philippe Lévy-Stab "Jazz, l'Esprit de New York". Elle vient d'être prolongée jusqu'au 26 septembre 2010.
60 tirages argentiques de collection aux murs de la Brasserie Lutetia, 23, rue de Sèvres, 75006 Paris.
Une seconde exposition, "Jazz, Sound of New York" est en préparation et sera inaugurée très prochainement à l'Espace Dupon de Montmartre, 74, rue Joseph de Maistre, Paris 18ème.
Infos glanées dans le "backstage" de Marciac où Philippe Lévy-Stab réalisait des portraits des musiciens "à l'arrache", en les cueillant en sortie de scène pour les isoler quelques minutes dans leur loge . Aux antipodes de l'intimité des séances de pose qu'il affectionne, mais une "mise en danger" très artistique… Une caméra vidéo (couleur) était fixée à son Hasselblad, à l'initiative du réalisateur Samuel Petit, qui filmait lui-même à chaque fois l'ensemble de la scène. Le résultat sera diffusé à l'automne sur Arte Live Web.
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Philippe Lévy-Stab, exposition photo, Marciac 2010
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Marciac 2010 : expo "le jazz à Nantes"
Vendredi 6 Août 2010 13:15

Penta Tonik lors du vernissage de l'exposition © Alex Dutilh
Une exposition très patiemment documentée pour ceux qui resteraient frustrés d'une heure sans jazz à Marciac. Ce qui peut arriver parfois, entre 6h et 7h du matin, les jours où Roy Hargrove ne s'invite pas au camping avec sa trompette juste avant le lever du soleil (expérience vécue cette semaine par les campeurs)…
Jean Neveu a rassemblé photos, affiches, pochettes de disques et documents sonores pour revenir sur un siècle (ou presque) de jazz à Nantes. Un travail de fourmi - bénévole - qui lui a pris plusieurs années. Point de départ, le passage de James Reese Europe arrivé précédemment à Brest pour rejoindre le 369ème régiment d'infanterie, les Harlem Hellfighters, entièrement composé d'afro-américains et qui avait débarqué à Saint-Nazaire. Du coup, Randy Weston était présent pour le vernissage avec un général américain, président de la 369 Historical Society venu assister à sa création sur scène sur le répertoire du pionnier du jazz. Sans le moindre ostracisme, l'expo s'efforce de couvre la réalité de "tous les jazz" à Nantes, jusqu'au très populaire festival actuel des "Rendez-vous de l'Erdre".
Entre deux verres de Pacherenc, le pianiste a pu écouter en même temps le tout jeune quintet nantais Penta Tonik (lauréat des tremplins de Saint-Gilles-Croix-de-vie, Rouans et Vannes) : 16 ans de moyenne d'âge et le culot de compositions originales bien adaptées à leur fraicheur.
L'exposition est visible tous les jours jusqu'au 15 août, dans la salle Territoires du jazz, juste derrière la statue de Wynton Marsalis.
plus d'infos
> http://www.dailymotion.com/video/x3khrf_nantes-et-le-jazz-une-histoire-d-am_music
> http://www.myspace.com/pentatoniks
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Exposition, Nantes et le jazz, Marciac 2010
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Alex Dutilh - 16/08/2010 23h42
Vous avez raison, j'ai rectifié le texte après vérification : si le régiment de James Reese Europe avait bien débarqué à Saint-Nazaire, lui-même était d'abord passé par le port de Brest.
Michel - 16/08/2010 18h46
Je suis surpris que l'exposition de Jean NEVEU vous ai fait croire que James Reese EUROPE avait débarqué avec les troupes américaines à Saint-Nazaire.
Aucun doute n'est possible sur ce sujet : l' arrivée a eu lieu le 1er janvier 1918 au port de Brest ou James Reese EUROPE et ses musiciens donnèrent leur première aubade sur le sol français. Ils s'y faire remarquer en interprétant une Marseillaise très originale. Noble SISSLE a laissé une description intéressante de cette scène :
http://www... [ lire la suite ]
Marciac 2010 5/6 : Elle et lui
Jeudi 5 Août 2010 10:30

Hiromi © Pierre Vignaux
À la fin du concert solo de Hiromi, 31 printemps au Pays du Soleil Levant, c’est un grand monsieur – 60 ans de la grande Histoire du jazz à lui tout seul – qui vient lui offrir un bouquet de fleurs sur scène : Ahmad Jamal. Pas pour le business, parce qu’il est son co-producteur et qu’il couve l’éclosion de sa carrière. Juste parce qu’elle vient de donner un très grand concert. Inattendu pour celles et ceux qui l’avaient vu courir un 400 mètres sur le piano à l’Olympia cette année, une prestation plus circassienne que musicale.
Ce qu’elle a retenu d’Ahmad lui-même ? Une palette de nuances hors du commun, une concentration maximale et une confiance totale dans ses intuitions. Composé pour l’essentiel des compositions de son récent « Place to Be », son concert culmine dans des flâneries rêveuses où ses doigts papillonnent, jouent des contrastes, vont murmurer un pianissimo et s’ébrouent sur une accélération soudaine. BQE et Place to Be, seront ainsi habités d’une grâce enjouée. Au-delà d’une technique et d’un toucher de surdouée, la jeune fille dispose en plus d’une expressivité (visage inclus) qui fait mouche sur le public, ébahi par sa fraicheur. Baskets reprenant le motif du clavier, tunique noire et blanche assortie, gardénia noir dans les cheveux de jais, tout est cohérent avec son investissement total sur le piano. Et lorsqu’elle place des règles métalliques sur les cordes, ou plaque sa main sur elles pour étouffer le son du registre grave, il n’est question que de musicalité sous l’effet apparent. Cette fille est nature, spontanée, par instants excessive, mais corps et âme « engagée ». Triomphe avec le frisson de la découverte (c’était sa première apparition ici).
Exit le Yamaha, on pousse le Steinway au milieu de la scène pour Ahmad Jamal et son quartet « Rolls Royce » : James Cammack (b), Herlin Riley (dms) et Manolo Badrena (perc). Le genre à comprendre les changements de direction au millième de seconde. Et côté direction, depuis son piano, Ahmad Jamal s’y connaît. Signes de mains, sourires, hochements de tête, il contrôle le tableau de bord en permanence. Comme son approche du piano est elle-même orchestrale, on va avoir pendant 90 minutes une sensation de groupe totalement fusionnel. James Cammack sort un son énorme de sa basse, la tradition Jimmy Blanton, Wilbur Ware ; sa complicité exceptionnelle avec Herlin Riley – encore un natif de New Orleans comme batteur d’Ahmad – installe des grooves à tourner derviche… Et par ses explosions incongrues ou ses gratouillis à peine audibles, Manolo Badrena fait passer des sueurs froides à Christian Lahondès, le preneur de son du direct de France Musique (qui s’en sort avec brio).
Et le boss ? Juste avant qu’il monte en scène, je demande à Ahmad ce qu’il va jouer ou au moins le titre du premier morceau. Haussement de sourcil et sourire en coin : « I don’t know ! ». Pas une galéjade. Juste une façon de conduire un groupe aux aguets, en alerte permanente pour la musique la plus alerte qui soit. Des sensations de vertige devant l’exactitude et la complexité polyrythmique du son d’ensemble. Une conviction d’évidence devant le vrombissement d’un quartet lâché à pleine vitesse après que le pianiste ait suggéré du bout des doigts une indication mélodique, une figure rythmique, un basculement harmonique. On a même eu droit à une énième version Poinciana. Avec suspense garanti de ce qui allait ne pas ressembler aux 123456èmes précédentes. Encore une fois, le miracle eut lieu, cette fois sur la conclusion inédite. De ce quartet la musique jaillissait comme de l’eau de source. Avec l’intensité de l’évidence et la tentation permanente de la transe.

Ahmad Jamal © Pierre Vignaux
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Hiromi, Ahmad Jamal, Marciac 2010
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pierre - 05/08/2010 21h01
Hier soir, je ne connaissais pas Hiromi,j'ai assisté à quelque chose de fort entre le public et elle. Ahmad Jamal m'a époustouflé par son intelligence de rythme, je serais resté jusqu'au petit matin à écouter ce génie vivant de l'émotion à fleur de peau.
Marciac 2010 4/6 : le 100m et le 10 000 m
Mercredi 4 Août 2010 10:42
SpokFrevo Orquestra, Passo de anjo
Soirée brazileira à Marciac de mardi 3 août. Des cousins du jazz ? Un parent éloigné pour Gilberto Gil, mais une palanquée de fils du jazz en ce qui concerne le SpokFrevo Orchestra. Première apparition à Marciac pour le big band de 17 musiciens. Ultime étape d'une tournée de 15 dates entamée le 9 juillet à Jazz à Vienne. Un final qui a laissé le chapiteau archi-comble (effet Gilberto Gil) sur les fesses. Un sprint échevelé de 90 minutes.
Le top du départ est donné par Inaldo Cavalcante de Albuquerque. Alias Spok, c'est plus simple… Saxophoniste alto et soprano, il est le chef du SpokFrevo Orchestra, soliste omniprésent (imaginez le croisement improbable de Paulo Moura, Dave Sanborn et Art Pepper) et arrangeur d'une machine sonore qui renvoie les horlogers suisses à leurs chères études. On a peine à trouver un équivalent américain à cette usine à swing lancée à tombeau ouvert sur des figures collectives d'une virtuosité incandescente. Maynard Ferguson ? Woody Herman ? Solos enfiévrés (époustouflants duos entre le leader au soprano et son voisin à l'alto), rythmique en mouvement permanent (deux percus, batterie, basse, guitare), coups au plexus des sections de vents (quatre trompettes, quatre trombones, quatre saxophones)… Si on veut faire la fine bouche, on peut juste regretter que le répertoire soit un peu monochrome : un peu plus de diversité de tempos éviterait l'effet de trop plein qui point le bout du nez au-delà d'une heure de musique ébouriffante.
Avec bonhommie, Spok explique qu'ils viennent de la ville de Recife, capitale du Pernambouco dans le Nordeste brésilien. Créé en 2003, son orchestre offre une éblouissante synthèse du jazz et du frevo brésilien. Virtuose dans l'exécution, débridé dans l'énergie débordante. Un festival de jazz à lui tout seul.
Dans la foulée, le concert de Gilberto Gil apparut chic et sage. Voix pas encore chauffée. Mais peu à peu tout se décontracte, le chanteur s'aère les jambes, la musique gagne en fluidité et on se retrouve pris par un interprète qui assume son premier rang. Lors d'une tournée précédente, Gilberto Gil se dissimulait sous un magma électrique contre-productif. Cette fois il joue la musicalité (guitare, accordéon, violon, basse et percussions) pour un concert qui va "a mas" en gambadant entre le répertoire du récent "Fé na festa" et quelques classiques du nordeste. Une sensation de sérénité retrouvée après 46 ans de carrière.
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SpokFrevo Orchestra, Gilberto Gil, Marciac 2010
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Marciac 2010 3/6 : la tribu et les pointures
Mardi 3 Août 2010 10:53

Esperanza Spalding © Pierre Vignaux
Ce lundi, backstage en effervescence. Surtout les photographes accrédités. Depuis l’apparition vers 18h de la silhouette de Esperanza Spalding. À 26 ans, la nouvelle égérie de la contrebasse, adoubée par Joe Lovano, Prince ou Herbie Hancock (elle sera la contrebassiste du concert des 70 ans de ce dernier, le mois prochain), a tout pour faire les couvertures des magazines. Elle doit avoir tout bon aux réponses à « Comment maigrir » (taille jockey), « Comment faire plus jeune que votre âge » (peau de Lolita), « Comment sauver votre couple » (son homme est au piano), « Osez parler en public » (elle chante)… Une tornade de séduction avant même la première note. C’est son problème. Car du coup il lui faut prouver contrebasse en mains que son succès fulgurant n’a rien d’une escroquerie. Avec les claviers de Leonardo Genovese (coiffure pied de maïs gersois frappé par la foudre), la guitare de Ricardo Vogt (coupe gendre idéal) et la battrie de Dana Hawkins (casquette Mickey vintage), elle tient un groupe de potes plus que de pointures. Une tribu.
Dix minutes avant de monter sur scène, ils s’enferment tous les quatre dans le mobile home qui leur sert de loge, décident ensemble de l’ordre des morceaux, poussent un haka tonitruant et jaillissent vers la scène avec des yeux gourmands. Il faut dire que c’est le dernier concert de leur tournée. Ça met toujours un « plus » d’intensité. Esperanza Spalding ouvre en solo, contrebasse et voix. Une impro pour poser la prise de risque en principe. Une heure et quart plus loin, l’afro-américaine mâtinée de sang amérindien, hispanique et gallois, aura campé sur un répertoire original avec une incursion brésilienne (le Ponta de areia de Milton Nacimento) et une reprise de Wayne Shorter (Endangered Species). Pas léché pour deux sous, parfois brouillon ou naïf, mais un show d’une telle générosité que le public renvoie la balle avec enthousiasme pour la découverte d’une « nature » à l’état encore brut. Le potentiel qu’on sent bouillonner en elle la rend passionnante. Pour l’avoir vue précédemment à trois reprises cette année, il s’agissait là – et de loin - de son meilleur concert. Énorme marge de progression.
Suivait le Chick Corea Freedom Band. Pour le coup, un power quartet de pointures « historiques ». Trois ont été des compagnons de route de Miles Davis à des époques différentes : Chick Corea (p), Kenny Garrett (as) et Roy Haynes (dms). Et Christian McBride (b) a joué avec eux trois séparément comme avec une bonne moitié de la planète jazz new-yorkaise. Entame sur des chapeaux de roues avec un hommage à Bud Powell signé de Chick (tout comme Psalm et Steps). Un peu plus tard, Monk sera aussi au programme (Monk’s Dream), tout comme Bud à nouveau (le rare Dusk in Sand) et le standard We’ll Be Together Again. Autant de prétextes à une musique « nature », brute et sauvage dans le drumming incroyablement tonique de l’octogénaire facétieux qu’est Roy Haynes. Le solo qu’il dégaina juste avant les rappels finit par le silence médusé de ses trois partenaires, rompu par un trois énormes hurlements de rire ! Entre eux, l’estime réciproque de gentlemen prenant plaisir à croiser le fer à des altitudes où ils se savent hors de portée du commun des mortels. Kenny Garrett en verve sur We’ll Be Together Again, comme s’il délivrait un message personnel pour cet ultime concert de la tournée avant dissolution du groupe ; Chick Corea œil complice et ne tirant jamais la couverture à lui ; Christian McBride rappelant après la prestation d’Esperanza qui est le « patron » sur l’instrument… Au final, davantage un all-stars au pouvoir démocratiquement distribué qu’un quartet « de » Chick Corea. Conclusion festive « à la Marciac » avec Roy Hargrove dans le rôle du bœufeur de luxe. Public debout sur les chaises et sur les visages, bananes mûres pour tenir jusqu’au matin.

© Pierre Vignaux
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Esperanza Spalding, Chick Corea, Marciac 2010
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Alex Dutilh - 05/08/2010 18h07
Il y a même eu quatre soirées, de dimanche à mercredi ! Nous avons pu obtenir l'autorisation des artistes pour le direct, mais pas pour une réécoute en ligne. Bonheur éphémère (comme l'improvisation, par nature), mais bonheur quand même…
jazzdefender - 04/08/2010 19h35
désolé mais avec Corea on s'est retrouvé dans la routine festivalière (mis à part Roy, impérial :drive impeccable,solo de qualité).Pour moi,le concert du jour a été celui de Spalding. Commentaire d'une voisine de gradins:"sa musique est trop libre". Eh oui,madame,le jazz c'est la liberté! Esperanza renouvelle largement le chant jazz bien loin de l'insignifiance folk/pop (M.Peyroux,N.Jones). Répertoire accrocheur à base d'originaux. Bassiste consistante. L'avenir de la musique que nous aimons... [ lire la suite ]
Marciac 2010 2/6 : France, championne d’Europe
Lundi 2 Août 2010 12:15

Frank Vignola (g), Mark O'Connor (vln), Wyton Marsalis (tp), Ali Jackson (dms) et Walter Blanding (cl) © Pierre Vignaux
The James Europe Project : une machine à remonter le temps jusqu’au origines du jazz, vers 1917. C’est le thème choisi par Randy Weston pour un octet particulièrement « roots » arrangé par le saxophoniste T.K. Blue sur le répertoire du visionnaire du jazz que fut James Reese Europe aux États-Unis dès 1904 et en France à la fin de la Première Guerre Mondiale. Une instrumentation « classique » trombone (Benny Powell), saxophone alto ou soprano (T.K. Blue), banjo (Ayodele Ankhtawi Maakheru), tuba (le revenant Howard Johnson), basse (Alex Blake), batterie (Vincent Ector) et percussions (Neil Clarke). On se dit qu’on va avoir droit à une re-création à la Allen Toussaint – dans son sublime « Bright Mississippi » -, fidèle à l’esprit et moderne dans la lettre. Tout faux. On est d’abord passionnés par la projection d’un court-métrage sur la place des soldats afro-américains dans les tranchées des Poilus et leur apport « exotique » à la musique du Vieux continent. Randy Weston enchaine sur un blues en piano solo, atmosphère… Et pas vraiment aidés par une sonorisation confuse, on se laisse peu à peu gagner par l’ennui. La faute à des arrangements sages et policés, sans « signature », engoncés dans le respect d’une figure historique à réhabiliter. Aimable, mais en deçà de l’enjeu attendu. Comme si la maitrise du projet avait finalement échappé à la personnalité pourtant affirmée de Randy Weston.
Monté sur la scène du chapiteau à 23h30 à la tête d’un septet inédit, Wynton Marsalis s’est confronté à la même question que Randy Weston : comment relire aujourd’hui un monument du répertoire. En l’occurrence Classics of the Hot Club de France ! Une sorte de retour à l’envoyeur. Comment la crème du jazz américain allait-elle nous renvoyer « notre » Django ? Résultat sans appel, hier soir le projet « France » a battu par K.O. le projet « Europe ». Alors que les arrangements sur Jim Europe ne se démarquaient guère de ceux de la préhistoire du jazz, ceux de Wynton sur les compositions de Django Reinhardt (ou ses standards favoris) étaient une collection de bijoux modernes. Oriental Shuffle et l’alliage trompette bouchée, clarinette, violon, I Found A New Baby introduit par un duo guitare-trompette, Limehouse Blues sur un tempo d’enfer, Solitude avec un Wynton pianissimo, Honeysuckle Rose en quintet sans souffleurs, Nuages, Echoes of France et un solo de trompette non pas en avant mais au « cœur » de l’ensemble… À chaque fois une idée, un décalage pour donner un éclairage inédit, amoureusement pimenté à la composition. Dans le rôle de Django et Grappelli, deux américains d’une virtuosité consommée, le guitariste Frank Vignola – spécialiste du jazz manouche Outre-Atlantique - et le violoniste Mark O’Connor, révélation de la soirée par un son et un phrasé évoquant la légèreté exceptionnelle associée à Stéphane Grappelli. Au bout d’1h32mn de concert très précisément, Walter Blanding à la clarinette (il alternait avec ténor et soprano), consentit à livrer enfin un « couac » (une rareté !) qui fit éclater de rire ses camarades. Section rythmique plus que parfaite : contrebasse boisée à l’ancienne de Carlos Henriquez, piano enjoué du bambin Dan Nimmer et drumming d’une finesse consommée d’Ali Jackson. Pour les rappels, trois traditionnels : Les yeux noirs, un fiddle pour les origines irlandaises de Marc O’Connor et un New Orleans Second Line final parce que Wynton reste Wynton et pour accueillir en beuf le pianiste néo-orléanais de Roy Hargrove, Jonathan Batiste qui trainait par là.
Au sortir du chapiteau, dans les loges, le photographe Philippe Lévy-Stab faisait poser Wynton pour un film destiné à ArteWeb, dans lequel il accroche une caméra DV à son 6x6 ! L’esprit de création et la passion esthétique, encore et toujours.
DIFFUSION INTÉGRALE DU CONCERT DE WYNTON MARSALIS CE LUNDI SOIR À 20H SUR FRANCE MUSIQUE.

Randy Weston © Pierre Vignaux
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> http://www.jazzinmarciac.com/ete.html?PHPSESSID=a0b86d3b63d52bf07a4bf62cde0889a9
> http://liveweb.arte.tv/fr/video/Wynton_Marsalis_au_festival_Jazz_in_Marciac/
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Wynton Marsalis, Randy Weston, Marciac 2010
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Daniel. - 02/08/2010 15h46
Belle soirée. J'ai aimé le père Randy Weston. Quel régal d'écouter et de voir Alex Blake a la basse (terrible main droite) et A A Maakheru au banjo ou Howard Johnson au tuba.
En fermant les yeux on pouvait se retrouver dans les années 1917/18.
Le régal de la soirée c'est Wynton Marsalis, à 2 heures du matin il était trempé de sueur et nous ivre de bonheur,on a essayé de le retenir le plus longtemps possible…
Super le grand par la taille et par le talent Mark O'Connor au violon... [ lire la suite ]
Marciac 2010 1/6 : l'art des lancements de jeu
Dimanche 1 Août 2010 10:47

de g. à dr. Alex Han, Sean Jones, Louis Cato et Marcus Miller © Pierre Vignaux
Le 33ème festival gersois-planétaire avait ouvert la veille de mon arrivée, vendredi 30 juillet avec Diana Krall en quartet ("l'un des meilleurs concerts de sa carrière" selon Francis marmande dans Le Monde de ce week-end, mais dénigrée ici par la plupart des autres commentateurs) et Yaron Herman en trio (tornade bienfaitrice sur un public conquis par le lâcher-prise du garçon).
Le grand concert du samedi 31 aura été celui du quintet de Marcus Miller. Dernier jour d'une tournée de cinq semaines consacrée au programme Tutu Revisited pour Sean Jones (tp), Alex Han (ss, as), Federico Gonzales Pena (claviers), Marcus Millet (b, b-cl) et Louis Cato (dms). Une leçon de mise en espace (la présence constante du "silence"), d'économie de moyens (jamais la note ou la phrase de trop), de fluidité collective (jeux de regards, plaisir d'écouter les camarades quand l'un ou l'autre ne joue pas), de direction musicale (un concept clair, couleurs funk et élégances jazz)… On est tour à tour séduit par la palette des claviers, scotché par la fougue d'Alex Han à l'alto, impressionné par la synthèse Miles Davis-Freddie Hubbard réussie par Sean Jones, ébloui par la joute amicale que se livrent les yeux dans les yeux le bassiste et son jeune saxophoniste. Et l'on a envie de faire les 766 kilomètres du retour avec le drive irrésistible de cette section rythmique à fond dans la voiture…
Final avec Roy Hargrove en invité surprise. Sympathique, mais il vient rompre un ordre naturel d'une intensité rare.
Ce même Roy Hargrove avait ouvert les hostilités sous le chapiteau avec un quintet remanié (Roy Hargrove, tp ; Justin Robinson, as ; Johnathan Batiste, p ; Ameen Saleem, b et Montez Coleman, dms) et un jazz de chez jazz, entendez par là la grande filiation des Jazz Messengers d'Art Blakey, rythmique d'airain et solistes enflammés. Pas de surprise, la tradition, un leader brillant sur la trompette et pour l'essentiel le répertoire de l'album "Earfood" de 2008. Mais voilà qu'au moment où les certitudes du confort se précisaient, Roy annonce une invitée surprise : Roberta Gambarini ! Encore inconnue en terre gersoise, la coqueluche de New York (lauréate du tout récent "Downbeat Critics Pool" dans la catégorie nouveaux talents du jazz vocal) a fait forte impression. Trois titres, La puerta, un Lush Life capiteux et un scat brillantissime sur Sunnyside of the Street et puis s'en va. Que faisait-elle là ? Il se trouve que son compagnon n'est autre que le manager de Roy Hargrove, Larry Clothier. L'un des concerts de la tournée de la chanteuse s'étant annulé, elle a choisi de faire un détour par Marciac pour retrouver son homme… Histoire aussi de planter des jalons pour un vrai concert l'an prochain ?
En fin d'après-midi, le quintet d'Olivier Témime avait chauffé à blanc la tente ouverte du festival off sur la place de l'Hôtel de Ville. Le répertoire de "The Intruder" par 35° à l'ombre, joué à fond par Olivier (ss, ts), Michael Felberbaum (g), Vincent Laffont (k), Vincent Artaud (b) et Julien Charlet (dms), la température devenait tropicale sur scène. Cohésion, détermination, beaux thèmes co-signés avec Artaud …les bistrotiers autour de la place ont fait fortune !
Olivier Témime en réécoute sur francemusique.com à partir du lien ci-dessous
Et ce dimanche soir, de 20h à 23h, sur France Musique, retransmission des concerts de Roy Hargrove et Marcus Miller (suivis de Youn Sun Nah au Paris Jazz Festival le 15 juillet dernier).

Justin Robinson, Roy Hargrove et Roberta Gambarini © Pierre Vignaux
plus d'infos
> http://www.jazzinmarciac.com/ete.html?PHPSESSID=a0b86d3b63d52bf07a4bf62cde0889a9
> http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/magazine-des-festivals/emission.php?e_id=80000047
tags :
Olivier Témime, Roy Hargrove, Roberta Gambarini, Marcus Miller
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