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Moers : le tour du monde en 80 Zorn

Samedi 18 Mai 2013 13:00

John Zorn dirigeant le Song Project à Moers

John Zorn dirigeant le Song Project à Moers © Patrick Essex


Pour être juste, il faudrait dire 60… Dimanche, c'est à Victoriaville, le festival québécois des musiques "inouïes", que John Zorn présentera son programme "Zorn @ 60" inauguré ce vendredi 17 mai à Moers dans ce qui fut l'une des plus intenses soirées que mes oreilles aient vécu à ce jour.

Il y a dix ans, le garçon avait célébré ses 50 ans par un mois de programmation non stop au défunt Tonic, le club du Lower East Side new-yorkais qui lui appartenait alors. Par l'onglet Birthday, sur le site du label Tzadik, on en retrouve douze témoignages publiés.

Cette fois, c'est une galerie d'autoportraits qu'il propose dans une série de soirées "Zorn @ 60" à travers le monde. Le programme complet de la tournée est sur son Facebook et elle passera notamment par la Cité de la Musique à Paris le 7 septembre dans le cadre du La Villette Jazz Festival.

Conçue en quatre parties (pour sept formations) quasiment enchainées, la première a Moers a été dans sa globalité l'une des plus grandes orgies de musique qu'il m'ait été donné de vivre. Juste à côté de cette nuit de Montreux du 20 juillet 1975 où s'étaient succédés Andrew Hill en piano solo, Bill Evans et Eddie Gomez en duo, le quartet d'Anthony Braxton et le quintet élargi de Charles Mingus…

Zorn angélique, Zorn de feu et de sang, Zorn rigoureux, Zorn populaire, Zorn savant pas fou, Zorn fou de musique, Zorn démiurge, Zorn petit garçon émerveillé, Zorn furieusement contemporain, Zorn mystique, Zorn désacralisateur, Zorn de chambre, Zorn à ciel ouvert… On aura tout eu et surtout un peu plus par la leçon d'exigence permanente et de respect du libre-arbitre des interprètes qui a traversé la soirée sous le chapiteau du Schloss-park de la petite ville de la Ruhr.

Il faut avouer que j'étais dans un état émotionnel particulier. Une double madeleine : d'abord celle des cinq heures d'autoroute depuis Paris pour une joyeuse virée avec Laurent Goddet, alors rédac chef de Jazz Hot, dès le milieu des années 70, pour découvrir toute la nouvelle scène américaine, de Chicago, New-York, Saint-Louis ou San Francisco. La loft generation mais pas que… Se retrouvaient là aussi bien Ornette Coleman qu'Abdullah Ibrahim, Don Cherry que Sun Ra et la jeune scène improvisée européenne des Derek Bailey, Peter Brötzmann, Evan Parker ou Han Bennink. Seconde madeleine : c'est à Moers, en mai 1982, dans les "special projects" du matin, que comme beaucoup d'autres j'ai vu et entendu pour la première fois John Zorn. À l'époque c'était impro totale en désossant son saxophone…

Venir l'écouter ici entamer le circuit de ses 60 printemps relevait donc d'une sorte de nécessité intérieure… Comme il y eut les six toros de José Tomas à Nîmes en septembre dernier pour marquer à vie de ceux qui en furent témoins, il y aura eu les sept formations de John Zorn pour questionner une lecture de l'état du monde. Écrit ou improvisé ? Sauvage ou savant ? Contemporain ou populaire ? Violent ou tendre ? Éclectique ou cohérent ? Futuriste ou enraciné ? Cent autres questions paradoxales se posaient durant les quatre heures de musique balancées comme un feu d'artifice sur une mer d'encre.

Premier set, le Song Project : un "all star" du premier cercle des musiciens zorniens accompagnant trois chanteurs. Marc Ribot (guitare), John Medeski (claviers), Kenny Wollesen (vibraphone), Trevor Dunn (basse et contrebasse), Joey Baron (batterie) et Cyro Baptista (percussions) et un John Zorn placé au milieu d'eux, avec ses partitions, jouant de la direction d'orchestre au lieu du saxophone. Les trois chanteurs avaient amené des textes originaux sur des mélodies de Zorn : Mike Patton, rugissant sur des reprises de Naked City ou ronronnant en voix suave dans des contrechants avec ses deux camarades ; Sofia Rei, plus volontiers ouverte sur des accents latinos livra des chansons pleines de charme au premier degré ; et avec un timbre à la Sting, Jesse Harris, également guitariste acoustique, proposa des textes superbes pour lui même ou les deux autres vocalistes.

Un set de 45 minutes construit sur les effets de contrastes, enchainant le Forbiden Tears des Dreamers susurré par Sofia Rei avec le Osaka Bondage de Naked City par un Mike Patton en fureur… Un easy listening léger comme une comédie de Lubtisch. Le versant pur fun de Zorn.

Deuxième set, trois pièces de "musique de chambre contemporaine".
Illuminations d'abord, une pièce de l'album "Rimbaud", dont la partie de piano, entièrement écrite est d'une densité évoquant les grandes heures de Cecil Taylor. Steve Gosling l'a abordée avec une énergie et une palette de nuances idéales, de l'extrême pianissimo à l'extrême fortissimo, la contrebasse de Trevor Dunn et la batterie de Kenny Wollesen venant lui tourner autour comme des feux follets sur un vampire entrouvrant son cercueil.

Suivait un quintet vocal féminin (Lisa Bielawa, Martha Cluver, Melissa Hughes, Abby Fischer et Kirsten Sollek) pour Illuminations, une évocation en onze mouvements de compositrice, médecin et religieuse mystique du XIIe siècle Hildegarde de Bingen. Textes en latin, jeux de décalages rythmiques, effets de transparence des timbres, grâce des entrelacs, Zorn brouillait les pistes en s'affranchissant de le temporalité. Une approche du sacré bougrement intelligente de la part du compositeur et aux antipodes des clichés d'iconoclaste auquel le réduisent ceux qui ont négligé de l'écouter sérieusement. Une œuvre encore inédite dans la discographie de Zorn.

Le troisième volet allait constituer un sommet de musique de chambre contemporaine, avec The Alchemist, par le Quatuor Arditti (Irvine Arditti et Ashot Sarkissjan, violons; Ralf Ehlers, alto; Lucas Fels, violoncelle). Une œuvre non encore publiée, évoquant la spiritualité ésotérique de John Dee, alchimiste d'Elisabeth I au 16ème siècle et le texte de son contemporain Edward Kelley "Nine Hierarchies of Angelic Orders to visible appearance". Abstraction lyrique et numérologie, canons et contrepoints, glissandos atonaux et lignes virginales, sons d'avant le son et silences stridents : dix-sept minutes de musique contemporaines fascinant les 2500 spectateurs venus assister à au grand voyage dans le temps et dans l'espace, avouez que ce n'est pas courant !

Durant les trois séquences, on pouvait apercevoir Zorn dans l'embrasure du rideau des coulisses, dans l'intensité de l'écoute et ne perdant pas une miette de son cadeau d'anniversaire.

Troisième set, le Moonchild / Templars. Moonchild, c'est le trio hardcore constitué de Mike Patton (voix saturée), Trevor Dunn (basse de mammouth) et Joey Baron (batterie nucléaire). Pour leur sixième enregistrement, en hommage aux Templiers accusés d'hérésie en 1307, Zorn avait invité John Medeski à élargir la palette sonore à l'orgue. Sur scène, c'est le corps de Mike Patton qui dirige la musique. Accroupi, tendu comme une arbalète, bondissant, en immersion face à la batterie, ondulant sur les lignes de basse à haute tension… 50 minutes de lave en fusion achevées dans un soupir. Une expérience interplanétaire. Ribot, Wollesen, Baptista, Sofia Rei, Jesse Harris, tous passaient leur tête depuis le backstage pour que leurs yeux croient ce que leurs oreilles entendaient ! Zorn articulait lui même les paroles dans son coin en empathie totale avec les quatre brûleurs de planches. Magistralement maitrisée, le genre de prestation qui vous laisse knock out tout en vous gonflant d'énergie pour la suite.

Quatrième et dernier set, The Dreamers et Electric Masada. On pensait que les deux formations allaient se produire successivement, ce fut quasiment simultané. Police oblige : les nuisances de voisinage du chapiteau imposent de finir les concerts à 23h30… Du coup, ce fut un set sur les chapeaux de roues, une conclusion en éruption volcanique. Les Dreamers : John Zorn pour diriger, Marc Ribot (g), Jamie Saft (claviers), Kenny Wollesen (vib), Trevor Dunn (b), Joey Baron (dms) et Cyro Baptista (perc). Une version moins surf music que d'ordinaire, ou alors avec les requins rodant au creux des vagues. Le répertoire y trouvait des accents toniques et franchement saignants. Du coup, la transition se fit dans l'instant avec Electric Masada, John Zorn s'emparant du sax alto pour le jouer façon Mike Patton et Ijue Mori venant distiller sur son ordinateur les bruitages de cieux d'apocalypse ou de premier matin du monde dont elle a le secret. Coda apocalytique et triomphe par une standing ovation de 2500 aventuriers du concert le plus intelligemment secouant depuis des lustres. Un rappel avec une quasi berceuse des Dreamers et l'affaire était pliée : longtemps, longtemps, toutes générations confondues, les spectateurs de Moers se sont attardés dans la fraicheur du parc pour parler, échanger, prolonger, être sûrs d'avoir vécu cela.

Rentré à l'hôtel, je croise Zorn juste sorti de la navette et en conversation avec Ribot. Quand je lui dit "quel voyage autour de la planète tu m'as fait faire là…", il me répond avec un sourire de gamin "pour moi, ça a été une soirée géniale, ils ont été au top !". Le leçon de Zorn c'est aussi cela en matière de musique : ne laisser jamais le fun au vestiaire…

Super nouvelle : la soirée devrait être visible dans les jours qui viennent sur ArteLive Web


Mike Patton et Trevor Dunn, pour Moonchild

Mike Patton et Trevor Dunn, pour Moonchild © Patrick Essex

plus d'infos

http://www.moers-festival.de/programme/programme-survey.html?L=1


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Moers Festival, John Zorn, 2013, Zorn @ 60


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Grammy Awards : les nominés pour le jazz et le blues

Vendredi 7 Décembre 2012 10:01

Ryan Truesdell devant les partitions de Gil Evans pour

Ryan Truesdell devant les partitions de Gil Evans pour "Centennial" © Alex Dutilh


La liste des nominés pour les 55èmes Grammy Awards vient d'être rendue publique. Suspense jusqu'au 10 février pour connaitre les lauréats lors de la cérémonie de remise des prix à Los Angeles.
À noter la présence de quelques "chouchous" d'Open Jazz comme les chanteuses Denise Donatelli (au programme du vendredi 14 décembre) et Luciana Souza et les chanteurs Kurt Elling ou Al Jarreau ; le tir groupé de Chick Corea ; la présence de Pat Metheny, Brad Mehldau et Ahmad Jamal ; de la "reine du blues" Shemekia Copeland que nous avions en direct la semaine passée… et du sublime album consacré par Ryan Truesdell aux inédits de Gil Evans.

Best Improvised Jazz Solo

“Cross Roads”
Ravi Coltrane, soloist
Track from: Spirit Fiction [Blue Note]

“Hot House”
Gary Burton & Chick Corea, soloists
Track from: Hot House [Concord Jazz]

“Alice in Wonderland”
Chick Corea, soloist
Track from: Further Explorations (Chick Corea, Eddie Gomez & Paul Motian)
[Concord Jazz]

“J. Mac”
Kenny Garrett, soloist
Track from: Seeds From the Underground
[Mack Avenue Records]

“Ode”
Brad Mehldau, soloist
Track from: Ode (Brad Mehldau Trio) [Nonesuch]

Best Jazz Vocal Album

Soul Shadows
Denise Donatelli [Savant Records]

1619 Broadway: The Brill Building Project
Kurt Elling [Concord Jazz]

Live
Al Jarreau (And the Metropole Orkest) [Concord]

The Book of Chet
Luciana Souza [Sunnyside Records]

Radio Music Society
Esperanza Spalding [Heads Up International]

Best Jazz Instrumental Album

Further Explorations
Chick Corea, Eddie Gomez & Paul Motian [Concord Jazz]

Hot House
Chick Corea & Gary Burton [Concord Jazz]

Seeds From the Underground
Kenny Garrett [Mack Avenue Records]

Blue Moon
Ahmad Jamal [Jazz Village]

Unity Band
Pat Metheny Unity Band [Nonesuch]

Best Large Jazz Ensemble Album

Centennial: Newly Discovered Works of Gil Evans
Gil Evans Project [ArtistShare]

For the Moment
Bob Mintzer Big Band [MCG Jazz]

Dear Diz (Every Day I Think of You)
Arturo Sandoval [Concord Jazz]

Best Latin Jazz Album

Flamenco Sketches
Chano Domínguez [Blue Note]

¡Ritmo!
The Clare Fischer Latin Jazz Big Band [Clare Fischer Productions/Clavo Records]

Multiverse
Bobby Sanabria Big Band [Jazzheads]

Duos III
Luciana Souza [Sunnyside Records]

New Cuban Express
Manuel Valera New Cuban Express [Mavo Records]

Best Pop Instrumental Album

24/7
Gerald Albright & Norman Brown [Concord Jazz]

Impressions
Chris Botti [Columbia]

Four Hands & a Heart Volume One
Larry Carlton [335 Records, Inc.]

Live at the Blue Note Tokyo
Dave Koz [Just Koz Entertainment]

Rumbadoodle
Arun Shenoy [Arun Shenoy Music Publishing]

Best Traditional Pop Vocal Album

Christmas
Michael Bublé [143/Reprise]

A Holiday Carole
Carole King [Hear Music]

Kisses on the Bottom
Paul McCartney [Hear Music]

Best Instrumental Composition

“December Dream”
Chuck Loeb, composer (Fourplay)
Track from: Esprit De Four [Heads Up International]

“Mozart Goes Dancing”
Chick Corea, composer (Chick Corea & Gary Burton)
Track from: Hot House [Concord Jazz]

“Music of Ansel Adams: America”
Chris Brubeck & Dave Brubeck, composers (Temple University Symphony Orchestra) [BCM&D Records]

“Overture, Waltz and Rondo”
Bill Cunliffe, composer (Temple University Symphony Orchestra) [BCM&D Records]

“Without a Paddle”
Bill Holman, composer (Tall & Small)
Track from: High on You [Bosco Records]

Best Instrumental Arrangement

“Afro-Cuban Jazz Suite for Ellington”
Michael Philip Mossman, arranger (Bobby Sanabria Big Band)
Track from: Multiverse [Jazzheads]

“How About You”
Gil Evans, arranger (Gil Evans Project)
Track from: Centennial - Newly Discovered Works Of Gil Evans [ArtistShare]

“Irrequieto”
Bob Mintzer, arranger (Bob Mintzer Big Band)
Track from: For the Moment [MCG Jazz]

“A Night in Tunisia (Actually an Entire Weekend!)”
Wally Minko, arranger (Arturo Sandoval)
Track from: Dear Diz (Every Day I Think Of You) [Concord Jazz]

“Salt Peanuts! (Mani Salado)”
Gordon Goodwin, arranger (Arturo Sandoval)
Track from: Dear Diz (Every Day I Think Of You) [Concord Jazz]

Best Instrumental Arrangement Accompanying Vocalist(s)

“City of Roses”
Thara Memory & Esperanza Spalding, arrangers (Esperanza Spalding)
Track from: Radio Music Society [Heads Up International]

“Look to the Rainbow”
Gil Evans, arranger (Gil Evans Project and Luciana Souza)
Track from: Centennial - Newly Discovered Works Of Gil Evans [ArtistShare]

“Out There”
Shelly Berg, arranger (Lorraine Feather)
Track from: Tales of the Unusual [Jazzed Media]

“Spain (I Can Recall)”
Vince Mendoza, arranger (Al Jarreau And The Metropole Orkest)
Track from: Live [Concord Records]

“Wild Is the Wind”
Nan Schwartz, arranger (Whitney Claire Kaufman And Andrew Playfoot)
Track from: The Greatest Film Scores of Dimitri Tiomkin [LSO Live]

Best Blues Album

33 1/3
Shemekia Copeland [Telarc International]

Locked Down
Dr. John [Nonesuch]

Let It Burn
Ruthie Foster [Blue Corn Music]

And Still I Rise
Heritage Blues Orchestra [Raisin' Music]

Bring It on Home
Joan Osborne [Saguaro Road]

Autres catégories où apparait une nomination jazz et blues

Best R&B Album Category

Black Radio
Robert Glasper Experiment [Blue Note]

Best R&B Performance Category

“Gonna Be Alright (F.T.B.)”
Robert Glasper Experiment Featuring Ledisi
Track from: Black Radio [Blue Note]

Best Traditional R&B Performance Category

“Lately”
Anita Baker [Blue Note]

“Real Good Hands”
Gregory Porter
Track from: Be Good [Motema Music]

Best Album Notes Category

Piazzolla in Brooklyn
Fernando Gonzalez, album notes writer (Pablo Aslan Quintet) [Soundbrush]

Best Engineered Album, Non-Classical Category

The Absence
Moogie Canazio & Al Schmitt, engineers; Bernie Grundman, mastering engineer
(Melody Gardot) [Verve/Decca]

Best Surround Sound Album Category

Modern Cool
Jim Anderson, surround mix engineer; Darcy Proper, surround mastering engineer;
Michael Friedman, surround producer (Patricia Barber) [Premonition Records]

Best Long Form Music Video Category

Radio Music Society
Esperanza Spalding
Pilar Sanz, video director; Esperanza Spalding, video producer [Heads Up International]


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Grammy Awards 2013, jazz, blues, nominations


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Dave Brubeck, arrêt du cœur

Vendredi 7 Décembre 2012 09:38

Dave Brubeck chez lui en 2009

Dave Brubeck chez lui en 2009 © Alex Dutilh


Dave Brubeck est mort, mercredi 5 décembre, la veille de ses 92 ans, d'un arrêt cardiaque. Il a été aussi longtemps controversé par la critique française qu'il fut unanimement considéré comme un innovateur majeur par la communauté des jazzmen afro-américains…

Il nous avait accueilli pour une longue matinée d'interview dans sa maison de Wilton, CT, à l'automne 2009. Évocation de son enfance à San Francisco, rythmée par le clip-clop des sabots des chevaux ; de sa rencontre avec Iola, la femme de sa vie qui inventerait les tournées dans les universités ; de ses tâtonnements après octet et trio avant de trouver le quartet idéal ; de ses tournées à travers le monde ; de son osmose télépathique avec le saxophoniste Paul Desmond, le "uncle Paul" de ses cinq enfants… Et à l'évocation de son maître Darius Milhaud, les larmes jaillirent. Comme lors de notre départ. Nous avions deviné que nous ne nous reverrions plus.

Sur la route de notre retour, avec Georges Kiosseff qui m'accompagnait, l'intensité du camaïeu jaune-rouge-orange-pourpre des autumn leaves du Connecticut s'était embrumée. Anti-brouillard inutile, c'était dans les yeux…

L'hommage rendu dans Open Jazz du jeudi 5 décembre, avec des extraits de l'interview de Dave Brubeck, est en réécoute et podcastable.


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Dave Brubeck, mort, disparition, décès


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Accident pour Marcus Miller et son groupe

Lundi 26 Novembre 2012 08:02

Le groupe du bassiste américain Marcus Miller, actuellement en tournée européenne, vient d'être victime d'un grave accident de la route dimanche en Suisse, dans lequel un chauffeur d'autocar a été tué, a-t-on appris auprès de la police du canton d'Uri, dans le centre de la Suisse.

Circulant sur l'autoroute entre les villes d'Erstfeld et d'Altdorf, le bus de tournée du groupe s'est renversé sur le côté et l'un des chauffeurs a été tué. Les douze autres occupants du véhicule, dont Marcus Miller, sont légèrement ou moyennement blessés. Ils ont été hospitalisés dans des établissements de la région, ainsi que le deuxième chauffeur.

L'autocar, immatriculé en Allemagne et équipé de couchettes, se rendait de Monaco, où le groupe avait joué samedi, à Hengelo aux Pays-Bas. Au total, une centaine de personnes ont participé aux secours, et l'autoroute a été momentanément fermée. Le véhicule accidenté est apparemment seul en cause, et les causes de l'accident n'avaient pas encore été déterminées dimanche soir.

plus d'infos

https://www.facebook.com/MarcusMillerOfficialFanPage?fref=ts


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Marcus Miller, accident


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Anthony Braxton à la Biennale de Venise

Dimanche 28 Octobre 2012 11:15

Anthony Braxton

Anthony Braxton © DR


Le 13 septembre dernier, Anthony Braxton présentait deux groupes dans la même soirée à Roulette, à Brooklyn, pour fêter le première anniversaire de l'ouverture de la salle.

Ouverture avec son Quartet : Anthony Braxton (sax alto, soprano, sopranino, baryton, basse et contrebasse), Dan Blacksberg (trombone, euphonium), Ken Filiano (contrebasse) et Mike Szekely (percussion). Et en seconde partie le Diamond Curtain Wall Music Ensemble : Anthony Braxton (anches et électronique), Taylor Ho Bynum (cornet), Josh Sinton (sax baryton, clarinette basse), Maura Valenti (harpe), Amy Crawford, Chris DiMeglio, Michael Douglas Jones, Kyoko Kitamura, Anne Rhodes (voix).

Un mois plus tard, il enchainait neuf dates pour une tournée européenne qui, une fois de plus, n'est pas passée par la case France… Elle a démarré le 10 octobre à l'Institut Français de Berlin avec le Falling River Music Quintet et s'est achevée le 20 octobre par un concert solo à Anvers.

Pour nous consoler, le concert donné le 13 octobre à la Biennale de Venise a été enregistré en vidéo, éclairé par une interview de Braxton réalisée durant les balances. Philosophie, humour ésotérisme, conviction, utopie, émotion… Un digest exactement braxtonien.

En 70 minutes, la vision de l'intégralité du concert et de son mode de direction collégial permet de mieux comprendre comment Anthony Braxton assemble les pièces du puzzle. Sans que le mystère soit totalement levé ("ce monde a besoin de magie", dit-il), ce qui pourrait sembler un mikado de sons jetés en vrac sur la scène s'éclaire. Des thèmes surgissent, s'effacent, se superposent, s'affrontent. Hors du système marchand, Anthony Braxton persiste et signe. Sans la moindre concession, il fait la musique musique du temps présent.

Son Anthony Braxton 12+1tet, ressemble furieusement à la Cène d'un messie entouré de douze apôtres (six musiciennes, six musiciens) convaincus de souffler l'espoir d'un autre monde possible. Contemporain, comme diraient Arnaud Merlin ou Jean-Pierre Derrien ? Furieusement contemporain !
Anthony Braxton - alto, soprano, sopranino saxes
Taylor Ho Bynum - cornet, flugelhorn, bass trumpet, trumpbone, mutes and shell
Ingrid Laubrock - tenor sax
Andrew Raffo Dewar - soprano sax, C melody sax and clarinet
James Fei - soprano sax, sopranino sax and alto sax
Erica Dicker - violin
Sarah Schoenbeck - bassoon and shenai
Reut Regev - trombone
Mary Halvorson - electric guitar
Jessica Pavone - violin and alto viola
Jay Rozen - tuba, toys and mutes
Carl Testa - double bass and bass clarinet
Aaron Siegel - percussion and vibes


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Anthony Braxton, video, Biennale, Venezia, Venise, 2012


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Série noire : John Tchicai, Jean-François Canape, David S. Ware

Vendredi 19 Octobre 2012 19:00

David S. Ware

David S. Ware © DR

Le saxophoniste danois John Tchicai est mort le 8 octobre à Perpignan. Il s'y était retiré après avait illuminé la scène free new-yorkaise dans les sixties (notamment avec John Coltrane, Albert Ayler et Don Cherry) et assuré ensuite un rôle de franc-tireur sur les scènes européenne et californienne.

Le trompettiste Jean-François Canape est décédé mercredi 17 octobre. D'une discrétion et d'une modestie hors du commun, il fut l'une des voix les plus singulièrement émouvantes que l'on ait connu sur l'instrument en France, fragile et déterminée à la fois. Une douce fêlure. Il a été le compagnon de route des premiers collectifs parisiens au milieu des seventies, aux côtés de Didier Levallet, Gérard Marais, Jacques Mahieux et des frères Méchali. Il retrouvera plus tard cet esprit joyeusement frondeur avec les lyonnais de l'Arfi, qui l'adoptèrent à bras ouverts, et au sein de l'ONJ de Claude Barthélémy.

Il attendit d'approcher la cinquantaine pour publier en 1994 son unique album en leader, «K.O.N.P.S.». Ses obsèques auront lieu mardi 23 octobre à 14h30 à l'église N-D du Rosaire, 194 rue Raymond Losserand à Paris 14ème. Son fils nous fait savoir que tous ses amis pourront également se retrouve dès 17 heures au café "Les Artistes", 60 rue Didot, 75014 pour trinquer à sa mémoire.

Hier 18 octobre, un géant (à tous les sens du terme) du saxophone s'est éteint à New York. David S. Ware avait 62 ans. Il avait subi une greffe du rein en 2009 et était sous dialyse depuis dix ans. Il allait avoir 63 ans.

Sonny Rollins, qui l'avait pris sous son aile à la fin des années soixante, le considérait comme une voix majeure. Notamment du fait d'un énorme son de saxophone ténor, d'une puissance à faire trembler des murs préalablement déflorés par Nirvana… Mais, un peu à la manière de James Carter, David S. Ware affectionnait l'ensemble de la gamme des saxophones, du sopranino aux stritch et manzello rendus fameux par Rahsaan Roland Kirk. Il participa activement à l'effervescence des Loft Sessions new yorkaises des années soixante-dix et rejoignit la formation de Cecil Taylor avec Andrew Cyrille puis collabora avec le batteur Milford Graves. Il porta haut la flamme incandescente d'un free prémonitoire des années de crise en créant un quartet en 1989 avec le pianiste Matthew Shipp, le bassiste William Parker et le batteur Marc Edwards (remplacé par Whit Dickey, puis Susie Ibarra et enfin Guillermo E. Brown).

Après avoir enregistré pour divers labels indépendants et réalisé une incursion chez Columbia par l'entremise de Branford Marsalis, il a publié l'essentiel de ses albums des dix dernières années, dont le dernier, «Planetary Unknown» enregistré à Saalfelden en 2011, chez Aum Fidelity (dist. Orkhêstra).

Branchez-vous : la radio new-yorkaise WKCR lui rend un hommage de 18 heures d'affilée qui peut s'écouter en ligne à partir de ce vendredi 18h, heure française, jusqu'à samedi midi.


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John Tchicai, Jean-François Canape, Wilbur S. Ware, mort, death


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Jazzfan - 21/10/2012 00h54

3 hommes importants à leur manière. Une pensée pour JF Canape, un musicien que j ai eu l chance de voir sur scène et dont le talent irradiait littéralement...

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Disparition de Patrick Saussois

Lundi 24 Septembre 2012 08:40

Patrick Saussois

Patrick Saussois © DR

Il avait eu un accident vasculaire cérébral en 2009 et était resté victime depuis d'un syndrôme d'enfermement. Patrick Saussois s'est éteint samedi matin 22 septembre à l'âge de 58 ans.

Le guitariste gaucher était un passeur. Il contribua activement au dynamisme retrouvé de la vague du jazz manouche, privilégiant un répertoire original et des arrangements particulièrement chaleureux. Respect de la mémoire, mais pas la moindre nostalgie… Les albums de son groupe Alma Sinti, depuis 1996 sont des petits bijoux de délicatesse joyeuse.

Il s'était familiarisé avec tous les jazz, d'Armstrong aux années free, au contact de Didier Roussin ou de Jean-Claude Fohrenbach, et trouva naturel de créer un label, Djaz, en 1985 et un magazine, Jazz Swing Journal l'année suivante. Dans les deux cas avec un enthousiasme débordant et communicatif.

Ses obsèques auront lieu mercredi 26 septembre à 14h30 au cimetière de Clamart.

Toute la semaine, Open Jazz lui rendra hommage dans la rubrique Milestone.


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Le temps des cigales

Dimanche 9 Septembre 2012 11:00

DR

DR © Cécile McLorin Salvant


Montréal avait lancé la ronde des festivals de jazz de l'été, La Villette la clôture. Que reste-t-il de ces beaux jours ? Un bouquet de vocalistes…

Les caresses les plus pures :

Youn Sun Nah à Marciac, pour deux heures de vérité pure, de musique habitée, avec une voix se jouant de toutes les nuances de la palette. Youn avec un Ulf Wakenius des grands jours, à la guitare enfiévré, et ses deux frenchies virevoltants, Simon Tailleu à la contrebasse et Vincent Peirani à l'accordéon. Youn à fleur de peau parce qu'elle avait tout connu de Marciac depuis dix ans : le stage, puis la scène du off, l'an passé la programmation à l'Astrada en duo et cette fois la consécration devant les 5000 spectateurs du chapiteau. Youn qui les fit pleurer sur Léo Ferré et danser la sarabande sur Baghdad.

Deux jours plus tard, Dianne Reeves allait brillamment défendre sa couronne de first lady avec l'accompagnement grand luxe de l'Orchestre National de Bordeaux Aquitaine dirigé par Kwamé Ryan augmenté de son propre trio (Peter Martin au piano, Reginald Veal à la contrebasse et Terreon Gully à la batterie). Casse-gueule… Sauf que les arrangements, signés de Peter Martin, mettaient en valeur les cuivres ou les vents à l'intérieur de l'orchestre et que les cordes étaient elles-mêmes traitées comme une "section". Dianne Reeves se retrouvait du coup comme en milieu familier mais avec une toilette d'exception… Maitrise vocale, science d'improvisatrice, malice d'entertainer, elle a déroulé en n°1 de l'ATP… Respect.

Bon, celles-là on les connait déjà. Mais quid de l'invitée de Jacky Terrasson, qui en trois titres illumina la Grande Halle de La Villette ce jeudi 6 septembre ? Cécile McLorin Salvant n'est pas tout à fait une inconnue depuis qu'elle a remporté la Thelonious Monk Competition en 2010. On a pu voir la chanteuse franco-américaine avec le groupe de Jean-François Bonnel. Depuis deux ans elle a aligné les expériences avec Wynton Marsalis ou Dan Nimmer, c'est elle qui chante la pub de "Chance" de Chanel…

Mais au sein de ce magnifique concert de Jacky Terrasson (avec un Minino Garay des grands jours et la révélation d'un superbe très jeune batteur, Justin Faulkner, Cécile a livré trois moments de grâce. Sur Oh, My Love de John Lennon, Je te veux d'Erik Satie et en rappel Love for Sale, le standard de Cole Porter, Cécile nous a fait dresser les poils sur les bras. De son timbre empli d'harmoniques avec une légère granulation en guise de signature, elle fait un véhicule d'émotion. Parce que ses inflexions sont désarmantes de musicalité (la classe de Sarah Vaughan, l'instinct de Betty Carter, les graves de Carmen McRae). Le détail de son ultime "saAaAle" pour finir le rappel donnait la mesure de son immense potentiel. Ré-vé-la-tion !!!

Elle a récidivé le 9 au soir lors du somptueux concert de clôture de La Villette, au sein du Attica Blues Big Band d'Archie Shepp où sa voix alternait avec celles de Marion Rampal et de Amina Claudine Myers. Elle vient d'enregistrer un CD qui paraîtra au début 2013 pour le label Mack Avenue avec Aaron Diehl, Rodney Whitaker, Herlin Riley et James Chirillo. On attend.

Baisers volés, rêves mouvants :

En club à Montréal, avec ses potes new-yorkais, comme sous le chapiteau de Marciac avec son groupe britannique, Gregory Porter a confirmé qu'il est la relève de Kurt Elling pour le jazz vocal masculin. En prime de ses accents soul, c'est un superbe songwriter.

Superbe idée que le duo de Patricia Barber et Kenny Werner. Là où on attendait une chanteuse superbement accompagnée, on a eu droit à une rencontre au sommet de deux pianistes. Mille fois plus convaincant que la non-rencontre de Geri Allen et Kurt Rosenwinkel à La Villette…

Soirée vent frais le 1er septembre à la Dynamo, pour Jazz à La Villette : rodé à l'Ermitage au printemps, le solo de Jeanne Added s'accompagnant la basse, très rock'n'roll ébouriffé, avant - surprise - d'être rejointe par Marielle Chatain au clavier, au sax baryton et à la voix. Sur des chansons structurées, comme en situation d'échange, Jeanne met encore mieux en valeur un timbre unique. En deuxième partie, la chanteuse Maja Ratkje allait livrer une éblouissante relecture du répertoire de chansons révolutionnaires de Kurt Well et Hans Eisler sur des arrangements délicieusement déjantés de ses trois compilces du groupe Poind : l'accordéoniste Frode Halti, le saxophoniste Rolf-Eric Nyström (un must) et le contrebassiste Hakon Thelin. Maitrise vocale parfaite, tessiture impressionnante, sens des dynamiques, présence collective, dramaturgie enjouée… Une fraicheur torride. Voilà à quoi doivent servir les vrais festivals et les vrais programmateurs…

Bonheur fané, cheveux au vent :

Autant Melody Gardot livra un concert magique et quasiment intime dans l'acoustique parfaite de la salle Wilfried Pelletier de Montréal (3000 places), autant elle s'est vautrée sous le chapiteau de Marciac, manifestement pas adapté à ses recherches esthétiques décalées. Manque de générosité que l'on espère passager chez une artiste d'ordinaire encline à aller chercher le public…

Autre type de déception avec le Brazilian Quartet de Eliane Elias au Club Soda de Montréal. Un manque de simplicité, de vérité, pour aborder un répertoire sur lequel elle a tous les atouts pour jouer le naturel. Elle minaude et nord-américanise à l'envers de l'essence de la bossa nova…

Les fleurs qu´on retrouve dans un livre,
dont le parfum vous enivre
:

Vous restez chez vous ? Voici deux disques de jazz vocal sublimes pour la rentrée, toutes fenêtres ouvertes :
"Don't Look Back" de Mary Stallings (HighNote/www.jazzdepot.com)
"Book of Chet" de Luciana Souza (Sunnyside/Naïve)

Et si on chantait, maintenant ?


Youn Sun Nah à Marciac 2012

Youn Sun Nah à Marciac 2012 © Pierre Vignaud



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Vijay Iyer triomphe au DownBeat Critics Poll 2012

Vendredi 6 Juillet 2012 10:00

Vijay Iyer

Vijay Iyer © Jimmy Katz


Cela n'était jamais arrivé. Un même artiste remportant 5 catégories lors du vote annuel des critiques internationaux réunis par le magazine américain DownBeat.

Vijay Iyer se retrouve ainsi cinq fois lauréat en tant que :
- artiste de jazz de l'année
- meilleur album pour "Accelerando" (Act)
- pianiste de l'année
- groupe de l'année pour son trio
- compositeur de l'année en tant que nouveau talent (rising star)

Robert Glasper remporte aussi 5 catégories : meilleur groupe "au-delà du jazz" pour The Robert Glasper Experiment ; meilleur album "au-delà du jazz" pour "Black Radio" (Blue Note) ; nouveau talent de l'année ; nouveau talent en tant que pianiste et nouveau talent en tant que groupe.

Paul Motian a été choisi pour entrer au DownBeat Hall of Fame, le "Panthéon" des grands du jazz, en compagnie des saxophonistes Gene Ammons et Sonny Stitt. Le Hall of Fame, rassemble désormais 131 musiciens.

La réédition de l'année récompense le "Miles Davis Quintet’s Live In Europe 1967: The Bootleg Series, Vol. 1" (Columbia/Legacy).

On retrouve également au palmarès 2012 Sonny Rollins (saxophone ténor), Nicole Mitchell (flûte), Christian McBride (basse électrique et contrebasse), Jack DeJohnette (batterie), Kurt Elling (vocaliste masculin) et Cassandra Wilson (vocaliste féminine). Dr. John est le bluesman de l'année et l'album "Otis Taylor’s Contraband" (Telarc) est élu album blues de l'année.

Parmi les nouveaux talents, ont notamment été distingués Josh Roseman (trombone), Julian Lage (guitare), Linda Oh (contrebasse) et John Hollenbeck (arrangeur).

À noter que le panel de cette année, avec 186 critiques sur les cinq continents, est l'un des plus élargis qu'ait jamais réuni le mensuel américain. Les résultats complets seront publiés dans le n° d'août de DownBeat, en kiosques le 17 juillet.


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DownBeat Critics Poll 2012


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Montréal, 33ème édition, chemins de traverse

Jeudi 5 Juillet 2012 01:05

Patricia Martin et Larry Grenadier au club Upstairs

Patricia Martin et Larry Grenadier au club Upstairs © Alex Dutilh

Le plaisir des festivals créatifs : trouver ce que l'on attend là où ne l'attend pas et vice-versa. Par exemple ce mardi soir 3 juillet, après un exubérant James Carter et son organ quartet au Club Soda, filer à l'écart de la Place des Arts pour se rendre à l'Upstairs, l'un des jazz-clubs les plus chaleureux de la planète. La veille, l'organiste Lonnie Liston Smith Jr. y avait mis le feu aux poudres. Aujourd'hui, luxe, dépouillement et volupté.

Ils sont mari et femme. La chanteuse et guitariste Rebecca Martin, accompagnée par la contrebasse de Larry Grenadier. Un album sur Sunnyside les présentait en trio avec le sax de Bill McHenry. Cette fois, les chansons originales et les standards (quelle préfère nommer olders) sont présentés "à nu".

Yeux mi-clos, voix timbrée, intimisme de la confidence : Rebecca nous donne à entendre la colonne vertébrale des chansons, donne toute sa dimension expressive au texte. Larry Grenadier, sur sa grand-mère au son plus boisé que jamais prolonge la guitare, joue l'orchestre, enlace et élance la voix de sa compagne. Humilité totale, élégance totale. Pour autant, cette simplicité apparente est juste nourrie d'une immense science du commentaire in vivo. Inspiration sans aspérités, improvisation sur le fil fragile du non retour.

Joël, le patron du Upstairs rayonnait : à 20 minutes à pied du cœur du festival, son club est empli à ras bord d'un public incroyablement respectueux des silences et des résonances. Le club est à son image.

plus d'infos

http://www.montrealjazzfest.com/default-fr.aspx


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Montréal 2012, Rebecca Martin, Larry Grenadier, Upstairs


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