par Simon Tivolle
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mercredi 10 mars 2010

Qui a tué le Caravage ?

Le Wall Street Journal, à New-York, fait la part belle aujourd’hui à une enquête sur les mystérieuses circonstances de la disparition de l’un des plus célèbres peintres de l’Histoire, le Caravage, il y a 400 ans.

Ils sont six… la RAI les a montrés en train de faire un test de salive, pour l'analyse de leur patrimoine génétique… Puis dans le journal local L'Eco di Bergamo on les a vus en photo : ils sont tout fiers d'être les descendants du Caravage, le maitre dans l'art d'utiliser l'ombre et la lumière…

Cette fois c'est lui, Le Caravage - de son vrai nom Michelangelo Merisi - qui revient en pleine lumière ! Une grande exposition lui est consacrée à Rome… Et même la presse américaine se penche sur l'histoire de ce peintre maudit… Qui a tué Le Caravage ? se demande le Wall Street Journal. Car il est mort à 39 ans, en 1610, dans des conditions obscures, après une vie de tumulte et de scandale, obligé de fuir après avoir tué un de ses adversaires en duel…

Et c'est là qu'entre en scène… Silvano Vinceti.

C'est lui qui a démontré que Pic de la Mirandole a été empoisonné à l'arsenic. Lui qui a constaté que dans la tombe du poète Pétrarque, la tête n'était pas la bonne. Lui enfin qui a déterré le crâne de Dante pour que son visage soit reconstitué en numérique…

Vinceti a 60 ans. Il n'est pas très apprécié par les scientifiques italiens qui trouvent qu'il en fait trop avec les médias… mais il a de la suite dans les idées, et son obsession du moment, c'est de faire l'autopsie du Caravage ! Encore faut-il savoir ou il est ! Son corps n'a jamais été retrouvé, mais il est supposé se trouver à Porto Ercole, en Toscane. Vinceti a collecté des os, des dents… les fragments de neuf corps. Il les a emmenés dans son labo, à l'Université de Ravenne, pour comparer l'ADN avec les descendants du peintre. Et maintenant, on attend le résultat…

Selon le Wall Street Journal, le chercheur pense que le vrai tueur du Caravage est non pas un de ses amants ou le Vatican, mais… la maladie ! Vraisemblablement le paludisme ou la typhoïde…

Une fois qu'il aura éclairé d'un jour nouveau les clair-obscur du Caravage… Il signor Vinceti veut absolument déterrer Léonard de Vinci, qui repose au château d'Amboise. Il voudrait démontrer que Mona Lisa est, en fait, un autoportrait de Léonard... mais ça, c'est une autre histoire !

- Retour à ce début de XXième siècle…

Avec de nombreux titres aujourd’hui qui éditorialisent et s’interrogent sur la crise en Europe.

Ou est passé l'Europe ? se demandait la semaine dernière le magazine Time. Cette fois, c'est un autre hebdomadaire américain, Newsweek, qui s'interroge : "Pourquoi Merkel et l'Allemagne ne veulent pas être le leader de l'Europe" ? Elle est la plus respectée. Son pays a le plus profité du commerce et de la monnaie unique. Alors ? Pour Newsweek, depuis la réunification, l'Allemagne s'est transformée en une puissance "suffisante et introvertie"… La Chancelière est devenue le leader le plus populaire depuis la seconde guerre mondiale en promettant simplement… de ne pas réformer ! Et l'hebdo de conclure : Madame Europe, il est temps de prendre les commandes !

En Allemagne, on le sait, la crise grecque a provoqué de furieux débats – Angela Merckel étant souvent coincé entre le marteau et l'enclume. Au moins, reconnait le Spiegel, "le grand mensonge de l'Euro est fini", cette fois "l'introduction d'un gouvernement économique pour cette communauté de destin est inévitable".

Gouvernement économique, fond monétaire européen… La presse britannique n'y croit pas une seule seconde. L'éditorial du Guardian, l'un des moins méchant, est intitulé : "zone euro, le Club de la peur". Si un fond monétaire européen devait voir le jour, scénario très improbable, ce fond ne serait probablement pas très utile…

Au chapitre de la bonne ambiance, le président Sarkozy est attendu vendredi à Londres. A cette occasion il rencontrera le leader conservateur, David Cameron, possible futur Premier ministre… Toujours selon le même journal, s'il refuse toute réforme européenne, Nicolas Sarkozy va le menacer de bloquer toute coopération économique, de défense, et sur l'énergie ! C'est beau l'Europe...


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